By S. - En marche à la suite de Christ

(Blog chrétien - le carnet d'un pèlerin)

dimanche 4 avril 2021

  

Dimanche de Pâques — Année B


Textes du jour :   Ac 10, 34a.37-43  / Ps 117 (118)   /  Col 3, 1-4 / Séquence (A la victime Pascale) /  Jn 20, 1-9


Frères et sœurs, dimanche 04 Avril 2021, nous célébrons la Pâques du Seigneur.


Oui ! Il s’est levé d’entre les morts le Christ, notre Seigneur. Il s’est levé libre et vainqueur ! Jour de Résurrection ! Premier Jour de la semaine ! Peuples rayonnons de joie ! C’est la Pâques, la Pâques du Seigneur !


Mais que représente cet événement dans notre monde actuel ? Qu’apporte réellement la Résurrection du Christ? Car Il y a comme une indifférence croissante qui s’installe ou une joie qui s’évapore aisément. Or Pâques, c’est pour toute la vie.

Comment devons-nous comprendre la Résurrection aujourd’hui et quelles leçons pouvons-nous en tirer ?

Notre méditation voudrait mettre l’accent sur la Pâques comme nouvel exode, comme passage de l’aliénation à la liberté pour l’avènement de chrétiens vivants et missionnaires dans tous leurs milieux de vie.


Mes frères, mes sœurs, dire que Jésus est ressuscité d’entre les morts signifie premièrement, qu’après avoir été mis à mort, il est revenu à la vie, c’est-à-dire, son corps et son âme après avoir été séparés, se sont rejoints au troisième jour. Il s’est présenté à ses disciples, Il a vécu quelques temps avec eux, avant de monter aux cieux. C’est ce dont parle Pierre dans la première lecture. Chez Corneille, Pierre affirme que Jésus s’est manifesté aux personnes choisies par Dieu pour une mission : Témoigner de LUI, le Juge et le Seigneur de l’Univers. S’Il est Juge et Seigneur de l’univers, Il ne peut donc plus mourir. Voici mes frères, la deuxième signification de la Résurrection : Jésus est ressuscité pour vivre à jamais. Il n’est plus soumis au temps et à l’espace ; Il a retrouvé sa condition originelle pour conduire ceux qui écoutent sa voix vers l’éternité. C’est cette seconde signification qui fonde notre exode pascal, le passage de la mort à la vie, le passage de l’aliénation à la liberté en vue du Royaume des cieux. En effet, en entrant dans la maison de Corneille, Pierre montre qu’avec la Résurrection de Jésus, Dieu légitime son œuvre de libération et annonce le pardon de ses fautes à quiconque croit en Lui. Il suffit de croire en Jésus pour être sauvé. Pierre fait donc un travail de relecture pour nous dire que l’avènement de Jésus en ce monde est une expérience de libération. Sa vie a consacré la ruine de Satan. Lui Jésus, qui ayant sur Lui l’onction du Saint-Esprit, passait partout en faisant le bien. En Jésus, nous ne sommes plus sous le joug de la condamnation. Il est à Lui seul Notre Juge, Notre Seigneur et Notre Avocat.


De ce qui précède, frères et sœurs, la Résurrection de Jésus doit être entrevue, à partir de sa vie terrestre, mais aussi dans la globalité de l’histoire du salut, dans la globalité de l’histoire de l’amour entre Dieu et les hommes. En scrutant toute l’Écriture, saint Jean dans l’évangile et les autres Apôtres à sa suite se sont rendus compte que la mort ne pouvait pas retenir l’Auteur de la vie. Il fallait que le Père, dans la puissance de l’Esprit Saint, ressuscite Jésus d’entre les morts. Le mystère pascal, Passion, Mort et Résurrection, n’est pas un hasard incohérent, il s’insère dans l’événement de l’alliance conclue entre Dieu et son peuple. C’était donc dans le plan divin que son Fils soit Vainqueur de la Mort afin que quiconque croit en Jésus ressuscite pour la vie éternelle. Par conséquent, comme Jésus, nous aussi, en tant qu’enfants de Dieu, nous sommes appelés à ressusciter.

 

Mais comment ressuscitons-nous ?

Pour nous chrétiens, la Résurrection est de deux ordres. D’abord par le baptême, nous mourrons et ressuscitons avec Jésus. Nous sommes associés par le rite baptismal à son mystère pascal pendant notre vie sur la terre. Nous recevons les effets du mystère pascal afin de produire en nous les œuvres de salut. Par le baptême, nous devenons participants de cette vie nouvelle. La Résurrection comme Jésus l’a vécue n’interviendra pour nous qu’à la fin des temps, quand le Christ donnera l’immortalité à nos corps. Mais déjà, avec la Résurrection de Jésus, le ciel est présent sur la terre. Ainsi cette nouvelle naissance d’eau et d’Esprit oblige de notre part une attitude d’hommes et de femmes sauvés. C’est pourquoi Saint Paul dans la Deuxième lecture nous invite à tendre vers les réalités d’en-haut et non pas celles de la terre.


Lorsque saint Paul parle de réalités d’en-haut, il fait allusion à notre manière de vivre, à notre comportement après le baptême. Il s’agit d’un appel pour que nous prenions conscience de notre nouvelle identité. Rechercher les réalités d’en-haut, ne signifie pas vivre une autre vie que la vie ordinaire, mais plutôt vivre autrement la vie ordinaire. Qui que nous sommes, quoi que nous fassions, c’est dans cette vie ordinaire que doit s’exprimer l’extraordinaire événement de la Résurrection. Puisque le Christ, par sa Vie, sa Mort et Sa Résurrection nous a libérés, vivre autrement la vie ordinaire consiste à faire mourir ce qui, en nous, appartient à la terre : débauche, impureté, passion démesurée et déréglée, désir mauvais, cupidité, colère, irritation, méchancetés, injures, grossièretés, mensonges. Voilà le nouvel exode que constitue la Pâques : quitter le vieil homme avec ses convoitises pour revêtir l’homme recréé et sauvé par le Christ. Cet homme nouveau, parce qu’il a reçu l’Esprit Saint, œuvre pour atteindre la stature, le gabarit du Christ. Cette stature du Christ qui est témoignage de liberté se vit concrètement dans le quotidien de la vie à travers la compassion, la bienveillance, l’humilité, la douceur, la patience, le pardon mutuel, l’amour qui assure la perfection de notre vie, la paix du cœur. En un mot, tout ce qui doit être dit ou fait, doit l’être au nom du Seigneur Jésus en vue de soulager notre monde en détresse. Car comme le Christ, nous devons faire le bien dans tous nos milieux de vie. Cependant, mes frères mes sœurs, vous conviendrez avec moi que faire le bien partout n’est aucunement aisé.


Par conséquent, notre joie de Pâques ne peut oublier toutes nos tristesses, pas plus que nos péchés personnelles. Et pourtant Jésus ressuscité nous redit d'avancer avec confiance, parce que, dans le plan de Dieu, ce n'est pas la mort, ce n’est pas le péché qui aura le dernier mot. C’est chaque jour qu’il nous faut œuvrer pour une vie sur terre conforme à celle de Jésus.


Vous et moi savons que notre foi ne nous offre pas des solutions miracles ou ne nous immunise pas contre la douleur ; mais nous croyons. Et cette foi nous donne d’avancer parmi nos frères humains. Nous nous savons faibles. Mais en même temps, nous sommes comme des vases d’argile portant une lumière et une certitude que nous pouvons pas garder pour nous seuls : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle ». Voilà notre témoignage ; voilà pour nous l’utilité de la Résurrection de Jésus. En Jésus Ressuscité, nous avons un modèle de victoire certaine, déjà sur la terre, dans les larmes et la douleur du sacrifice oblatif. Et ce Fils qui a pris sur Lui toutes les souffrances et toutes les morts du monde, désormais nous attend dans la gloire du Père. Nous sommes les citoyens du Ciel, mais la terre appartient aussi à Notre Père : c’est pourquoi en tant que chrétiens nous y travaillons de manière exemplaire. Parce que le Christ est ressuscité, nous œuvrons pour que cessent les guerres, l’injustice, les fléaux et calamités. Parce que le Christ est ressuscité, nous chrétiens venons en aide aux plus pauvres, aux plus démunis, aux malades dans les hôpitaux et dans les familles. Et si quelqu’un doute de la Résurrection, qu’il regarde objectivement le témoignage de foi de tant de chrétiens à travers le monde qui œuvrent pour un monde plus juste et plus fraternel. Que Christ Ressuscité voit tous ces efforts et qu’Il les porte à leur achèvement !

Excellente fête de Pâques à tous et à chacun ! Que le Ressuscité vous bénisse, à jamais, Lui règne maintenant et pour les siècles des siècles.




 

Dimanche de Pâques — Année B


Textes du jour :   Ac 10, 34a.37-43  / Ps 117 (118)   /  Col 3, 1-4 / Séquence (A la victime Pascale) /  Mc 16,1-7


« Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié, il n’est pas ici, il est ressuscité alléluia ! »

 

Mes frères et mes sœurs,  C’est la nouvelle qui a retenti avec éclat au cours de la nuit, illuminant nos yeux d'une joie, qui nous donne un sourire jusqu'aux omoplates et qui, voilà déjà plus de 2000 ans ne cesse de faire couler encre et salive.


Oui, Celui qui avait été trahi par son financier, renié par Pierre, abandonné par ses disciples, rejeté par l'ingratitude des hommes. Celui qui avait été crucifié par jalousie des grands prêtres, pour que son nom soit à jamais effacé de la conscience des hommes. Celui qui a été enseveli sous les moqueries et les railleries, avec nos espérances et nos espoirs. Cet homme-là est ressuscité, alléluia ! Il est vraiment ressuscité, alléluia, alléluia !


Oui, le Christ est ressuscité, il est plus que jamais vivant. Devant lui, la mort a quitté, caleté, cavalé, détalé, décampé, et même passer et trépasser ! Sa vie, n'est certes pas le retour à notre vie, mais elle est une manière nouvelle d'exister, car même l'espace et le temps ne peuvent plus le saisir. Ce qui augure le commencement des temps nouveaux pour des personnes nouvelles avec un comportement nouveau !


En effet, la 1ère lecture vient pour confirmer le changement bouleversant de l'histoire qui s’opère grâce à la résurrection du Christ. L'Esprit du Ressuscité transforme des hommes naturellement peureux, faibles et ignorants en des personnes courageuses, qui manifestent la puissance et la sagesse de Dieu.

Pierre, qui pas plus tard que vendredi Saint tremblait plus qu'une feuille morte devant la servante du Grand-Prêtre, se tient aujourd’hui debout devant un centurion, chef d’une centaine de soldats pour parler de Jésus ressuscité avec grande assurance.

Mes frères et mes sœurs quand on rencontre Jésus, mort et ressuscité, c'est un véritable bouleversement qui s'opère dans notre vie. Si nous n’avions rien, nous possédons désormais tout. Si nous étions faibles, nous recevons force. Si nous étions dans les ténèbres, nous sommes introduits dans la lumière. Avec Christ ressuscité, nous passons du trou au trône, de la queue à la tête, de l'état de suiveur à la position de leader et de la tristesse à l'allégresse ; notre vie ne peut plus être la même, notre histoire est totalement transformée et cela pour toujours, car : le Christ est ressuscité, alléluia ! Il est vraiment ressuscité, alléluia, alléluia !

 

Désormais, nous ne pouvons plus être M., Mlle ou Mme tout le monde. Notre manière de penser, de parler, d'agir changent radicalement. Lorsque nous recevons Jésus ressuscité dans notre cœur et dans notre vie, nous recherchons les réalités d'en haut. Et c'est justement, à cela que nous invite la 2ème lecture. Par notre baptême, nous avons reçu dans notre âme la visite du Christ ressuscité. Nous devons donc rendre compte de notre espérance, de notre foi et de notre charité à tous et à chacun. En ce sens, la résurrection du Christ nous appelle au témoignage.

 

Dans l'Évangile que nous avons entendu, Marie Madeleine et Marie, mère de Jacques et de Salomé reçoivent la mission d'annoncer ce si grand mystère. Marie, femme jadis possédée par sept démons, et qui était prostituée est chargée de la plus heureuse des missions, elle devient ainsi Apôtre de la résurrection. Eh! Oui, le témoignage de la foi est confié à des femmes. Fille, sœur, mère, femme catholique et d’ailleurs, le Christ te rappelle que : partout tu dois être missionnaire de la résurrection. Tendu vers les réalités d’en haut, tu es héraut du Christ ressuscité. Jésus par-là, donne une leçon au monde : les femmes ne sont pas des sous-hommes et n’ont pas à être mises au rebut de la société. Elles ont, comme les hommes, leur place et leur rôle à jouer dans le monde, dans l’annonce de l’Évangile et dans la mission de l’Eglise. C’est donc le lieu de saluer toutes les femmes et leur engagement au service de Dieu et de son Eglise. Que Dieu vous le rende en grâce et en bénédiction.


Oui, le Christ est ressuscité, alléluia ! Il est vraiment ressuscité, alléluia, alléluia ! La résurrection du Christ que nous célébrons est le triomphe de la foi sur la haine et sur la mort. Je voudrais terminer en retenant 2 choses avec vous :


-         La première : la résurrection du Christ est une vérité de foi qui a changé l'histoire du monde et dont la puissance agit dans la vie du croyant : quand nous croyons que Christ est vivant alors nous sommes sauvés. Cette croyance opère en nous un si grand changement que nous sommes tournés vers les réalités d’en haut qui nous poussent à la partager.

 

-         La seconde : la résurrection du Christ nous fait comprendre que le mal et le malheur, la mort et le deuil, la souffrance et la maladie, les guerres et les calamités n’auront jamais le dernier mot. De même que la vie engloutit la mort ; de même, la résurrection détruit les œuvres des ténèbres. Et nous fait entrer dans le « je t’aime de Dieu. »

 

Le Christ est ressuscité, alléluia ! Il est vraiment ressuscité, alléluia, alléluia ! A lui la gloire pour les siècles des siècles.



Abbé Joseph Milafany  Y.

Prêtre du diocèse d'Abidjan





dimanche 28 mars 2021

 DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION DU SEIGNEUR  ANNEE B

 

Textes du jour : Is 50, 4-7 / Ps 21 (22) / Ph 2, 6-11  / Mc 14, 1 – 15, 47


Mes frères et mes sœurs


Dans le premier Évangile écouté, nous avons entendu la foule dire : « Hosanna ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient. » ; Dans le second, la foule cria à Pilate « Crucifie-le ! ». Ces deux cris vont à l’endroit de la même personne, Jésus notre Seigneur ; acclamé par les foules, puis renié par elles. L’être de Jésus a toujours été caractérisé par cette ambiguïté : Dieu très haut, il s’est abaissé à devenir homme ; riche qu’il est, il s’est fait pauvreté ; Roi de gloire, sa couronne était d’épines et ses vêtements royaux d’une unique tunique. Il n’avait pour suite ni gardes lourdement armés, ni d’hommes puissants de son temps, mais des disciples et apôtres bien souvent rebuts de la société.


Sa vie et son ministère étaient conformes à son être, ce qui l’a conduit librement à la mort. Il a subi de faux témoignages, coups et crachats, abandons et reniements par presque tous, pour finir comme un voleur sur la croix. Jésus a rencontré joies et douleurs, adhésion à son message et rejet. Recherché pour ses miracles par certains, traité de proche de Satan par d’autres pour les mêmes prodiges. Lorsqu’il nourrissait les foules de pain, elles couraient vers lui. Mais lorsqu’il leur proposait son corps et son sang en nourriture, il devenait pour eux fou, un paria rejeté de tous. L’élite romaine l’a sollicité pour ses miracles, la même élite l’a crucifié sur la croix. Certains des grands prêtres l’ont appelé maître en secret, d’autres, les plus nombreux, on dit en public qu’il est un blasphémateur.


Ces sentiments opposés, observés par les uns et les autres face à Jésus, se remarquent aussi dans nos vies de baptisés. En effet, lorsque tout va bien pour nous, nous acclamons Jésus, nous sommes prêts à le suivre et à témoigner de ses bienfaits. Mais lorsque, soudain, une difficulté arrive, nous le renions, comme Pierre qui, par trois fois a publiquement dit qu’il ne le connaissait pas.


Cette ambivalence est aussi ressentie dans notre vie professionnelle. Nous sommes tiraillés par le fait de vouloir vivre au travail, les exigences de notre foi, mais en même temps, nous sommes confrontés à la réalité professionnelle : corruption sans vergogne, ordre direct des responsables hiérarchiques en contradiction flagrant avec Jésus, la calomnie pour pouvoir avancer. Et dans le but de sauver et de protéger notre poste, nous abandonnons les préceptes de Dieu pour nous ranger derrière les forces obscures et du mal. C’est justement ça, la source de tout le mal que nous faisons : vouloir sauver notre poste, notre fonction, nos avoirs, notre savoir en un mot vouloir nous sauver.


En réalité ce n’est pas mauvais de vouloir être sauvé, mais ce qui est mis en cause ici, c’est vouloir se sauver par soi-même, par ses propres forces, par ses propres manières de faire, en rejetant Dieu.


Depuis Adam jusqu’à nous, en passant par Caïn, par le peuple d’Israël ou même par David, l’histoire du salut grouille d’hommes et de femmes qui ont voulu sauver leur vie en excluant Dieu. Cette manière de vouloir vivre par soi-même, en excluant Dieu, a donné aux hommes de se tourner vers des idoles, vers des vérités et attitudes qui rejettent ses préceptes. « Le crucifie-le » exprimé par la foule aujourd’hui est, en fait, le cri de tous ceux qui depuis Adam ont décidé de mettre à mort le Seigneur pour sauver eux-mêmes leur vie. Mais, Jésus nous dit : « celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. »


Mes frères et mes sœurs, le sens de cette grande fête qui nous conduira jusqu’au matin de la résurrection, c’est de laisser Jésus être le seul et l’unique maître de notre vie.

 

Fêter ce jour, c’est décider de le suivre sur tous ses chemins, qu’ils soient joyeux comme l’entrée triomphale à Jérusalem ou dramatique comme sa mort cruelle et lâche sur la croix. C’est aussi prendre position pour Jésus en toute chose et à tout moment, car comme dit notre Archevêque : « on ne peut pas être chrétien les jours pairs et le contraire les jours impairs. »


Ce dimanche est aussi, le dimanche du choix, nous devons choisir entre ceux qui disent : « hosanna, ô fils de David » et ceux qui crient : « A mort crucifie-le. »


Le Seigneur nous a dit par la bouche de son prophète Moïse : « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. » Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras… ; si tu détournes ton cœur, si tu n’obéis pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir, certainement tu périras. 

 


Quel choix allons-nous faire ? Que le Seigneur nous aide à faire le bon choix ! Lui qui règne pour les siècles des siècles.



Abbé Joseph Milafany  Y.

Prêtre du diocèse d'Abidjan






dimanche 21 mars 2021

5ème DIMANCHE DE CARÊME ANNEE B

 

Textes du jour : Jr 31, 31-34 / Ps 50 (51) / He 5, 7-9  / Jn 12, 20-33


 Mes frères et mes sœurs

 

            Pendant ma méditation de l’Évangile, j’ai été frappé par cette phrase : « nous voudrions voir Jésus. » Ce sont des Grecs, venus adorer Dieu à Jérusalem pour la pâque qui posent leur préoccupation à Philippe. Mais pourquoi font-ils une telle demande ?

 

            En fait, ça fait déjà plus de deux ans, que Jésus a commencé sa mission publique. Et il a fait d’énormes signes et prodiges. Le dernier en date était la résurrection de Lazare. Pour rappel, depuis le prophète Élisée, il n’y avait plus eu de miracle de résurrection. Donc les témoins de ce grand miracle de Jésus étaient tous dans la stupeur et l’admiration. Ils ont dû partager la nouvelle de ce grand prodige autour d’eux, de sorte que tout le monde parlait de Jésus. Si bien que lorsqu’il monte à Jérusalem pour la pâque, il est accueilli comme un grand prophète.

 

Nous comprenons donc bien que les juifs de la diaspora, les grecs dont il est question, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas sur le territoire de Jérusalem et aux alentours, veulent voir Jésus. Ils veulent mettre le visage sur le nom de celui dont ils ont entendu parler, ils veulent rencontrer l’auteur des prodiges et des merveilles, ils veulent voir Jésus.

Jésus est pour eux, une attraction, un sujet de curiosité.

 

Bien souvent, nous sommes comme ces grecs. Nous venons rencontrer Jésus à la messe, dans l’Eucharistie sans plus. Nous venons, parce qu’on nous a appris à venir à la messe. Nous venons parce que nous avons entendu qu’il fait des miracles. Nous venons pour nous faire bien voir de la société. Nous venons pour pouvoir avoir un sujet de conversation pendant la semaine :‘‘Tel a porté quelle paire de chaussures ? Ou, tel autre est venu avec une nouvelle voiture, ou encore celui-ci a fait tel don’’.

Notre voir Jésus est basé souvent sur des futilités.

 

Ces attitudes indignes du voir Jésus peuvent nous aider à comprendre la réponse qu’il fait à André et Philippe. A la requête des grecs qui veulent le voir, Jésus répond en disant : « l’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. » et il poursuit en disant : « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. »

Que veut dire une telle réponse ?

Le mot « glorifier » ici, n’est pas en rapport avec le prestige mais est en lien avec Dieu. Et il signifie dans le contexte biblique, révéler la présence de Dieu. Donc en disant : « l’heure est venue où le fils de l’homme doit être glorifié », Jésus dit que l’heure est arrivée où le Fils de l’homme doit révéler Dieu tel qu’il est. Le moment est arrivé ou lui Jésus doit montrer le vrai visage du Père ; Où lui, verbe de Dieu doit dire qui est vraiment Dieu.

 

Cette réponse mise en rapport avec la demande initiale, nous introduit au cœur du mystère de ce jour. Jésus veut faire comprendre aux grecs qui veulent le voir parce qu’il fait des miracles, signes et prodiges, qu’ils doivent plutôt chercher à le voir parce que par sa vie, il révèle Dieu tel qu’il est.

L’on cherche à voir Jésus, pas parce qu’il peut faire quelque chose pour nous, mais parce qu’il nous montre Dieu.

C’est vrai que la première chose qui nous attire à Jésus, qui nous pousse à vouloir le voir, peut-être un miracle, une consolation, une parole qui nous a fait de l’effet. Ce qui doit nous faire rester en Dieu c’est que nous ne nous arrêtions pas au miracle, mais qu’à travers Jésus, nous rencontrions vraiment le visage du Père.

 

Rappelons-nous, dans l’Évangile de Jean, de la samaritaine qui était venu puiser de l’eau. Elle a rencontré Jésus, qui lui a parlé de sa vie et elle a vu en lui un prophète. Après cet échange qui bouleverse sa vie, elle repart sans sa cruche pour annoncer à ses frères qu’elle a vu le Messie. Ceux-ci après l’avoir rencontré, disent à la femme : « ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

 

Mes frères et mes sœurs, Jésus veut faire comprendre aux Grecs et à nous tous ce dimanche que ce n’est pas d’abord parce qu’il fait des miracles, des prodiges que nous devons croire en lui, mais parce qu’à travers lui, nous contemplons Dieu et que nous voyons tout l’amour qu’il a pour nous. Et c’est justement cet amour qui l’a conduit jusqu’à la croix pour tisser l’alliance nouvelle dont nous parle le prophète Jérémie dans la première lecture.

En effet, le prophète dit : « voici venir des jours, où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle… Cette alliance, je l’écrirai au plus profond d’eux-mêmes, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. »

 

L’expression « Alliance Nouvelle » ne se trouve qu’une seule fois dans tout l’Ancien Testament. Et Jésus-Christ qui est venu établir cette alliance nouvelle, quand il instituait l’Eucharistie, mémorial de sa mort et de sa résurrection dira : « cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous. » C’est par ce sacrifice, symbolisé dans l’Évangile de ce jour par son élévation sur la croix, qu’il nous donne la vie. Qu’il établit l’Alliance Nouvelle qui fait de nous le peuple de Dieu.

 

En Définitive, se tourner vers celui qui nous a sauvé, vers le grain de blé qui est mort et qui donne du fruit, vers celui qui a été élevé et qui a donné son corps et son sang pour établir une alliance nouvelle avec son Père pour faire de nous le nouveau peuple de Dieu, c’est cela la vraie raison qui doit nous pousser à vouloir voir Jésus, à vouloir le rencontrer, à vouloir avoir une relation avec lui.

 

Mes frères et mes sœurs, demandons comme pain de ce jour au Seigneur, la grâce de vouloir le rencontrer, de vouloir avoir une relation avec lui, pas parce qu’il opère des miracles, mais parce qu’il nous aime jusqu’à donner sa vie et que nous aussi nous voulons l’aimer et vivre pour lui et avec lui. A lui la gloire pour les siècles des siècles

Abbé Joseph Milafany  Y.
Prêtre du diocèse d'Abidjan




dimanche 14 mars 2021

 

4ème DIMANCHE DE CARÊME ANNEE B

Dimanche de la joie

 

Textes du jour : 2 Ch 36, 14-16.19-23 / Ps 136 (137) / Ep 2, 4-10  / Jn Jn 3, 14-21


Frères et sœurs bien-aimés,

Pour nous permettre de vivre dans les meilleures dispositions cette seconde moitié du temps de carême, l’Église notre mère nous donne en ce 4e dimanche, une merveilleuse pause avec le dimanche de Laetare, c’est-à-dire le dimanche de la joie, qui est une note particulière dans notre temps de carême, puisqu’il nous laisse entrevoir la joie de Pâques, celle que procura le Christ ressuscité.

Aujourd’hui donc réjouissons-nous, oui réjouissons-nous dans le Seigneur, car il est miséricordieux et veut le salut de tous les hommes, malgré leurs faiblesses et leurs péchés.

 

La première lecture nous montre bien comment, en refusant d’accueillir cet amour gratuit de Dieu, l’homme s’éloigne de lui et s’égare dans son péché. Cela est bien illustré par l’histoire du peuple d’Israël, qui avait multiplié les infidélités en se détournant du véritable Dieu, pour imiter les sacrilèges des nations païennes. Malheureusement cela conduit ce peuple en exil, loin de sa terre.

Frères et sœurs, il est douloureux de constater que les choses n'ont vraiment pas changées ; nous n’avons pas appris de l’histoire, puisque le monde aujourd’hui est encore plongé dans les ténèbres, l’indifférence et l’incroyance. Oui le monde aujourd’hui a encore trop d’idoles et nous les connaissons bien : l’argent, le profit démesuré, la recherche à tout prix du pouvoir et de la vaine gloire, le plaisir de toutes sortes et chacun d’entre nous peut s’y reconnaitre ou compléter la liste. Oui mon frère, ma sœur, c’est quoi ton idole ? C’est quoi cette chose qui t’éloigne de Dieu et dont tu as du mal à t’en séparer ?

 

Le peuple d’Israël, pendant son exil se croyait abandonné, mais après 70 ans, voilà que la promesse de Dieu va s’accomplir : le peuple est pardonné et retourne à Jérusalem. Quelle joie ! Quelle exultation et quelle réjouissance pour ce peuple ! Nous pouvons aussi nous réjouir, car Dieu n’a pas changé, il est le même Dieu miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, qui veut le bonheur de tous ses enfants. Il ne nous enferme pas dans nos fautes du passé, mais nous invite à la véritable repentance pour le pardon de nos péchés. Saint Paul nous dit justement, dans la deuxième lecture de ce jour, que Dieu prend toujours soin de son Peuple, et il le fait par pure grâce. Il dit en effet : « C’est bien par sa grâce que vous êtes sauvés ». Nous ne sommes donc pas sauvés par nos mérites, mais par grâce. Nous devons donc rendre grâce au Seigneur pour toutes les grâces reçues de lui.

 

Bien-aimés, s’il est vrai que Dieu nous sauve par pure grâce, il reste néanmoins que nous sommes invités à nous disposer pour la recevoir. Oui malgré nos infidélités et nos péchés, nous devons désirer le salut et y croire, car personne n’est exclu du ciel tant qu’il est encore vivant. De fait, comme nous le dit Jésus lui-même dans l’Evangile de ce jour : « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que par lui, le monde soit sauvé ». C’est dire ici que nous ne pouvons pas nous enfermer dans notre passé, aussi sombre soit-il, et laisser qu’il nous pourrisse, alors que Dieu, lui, nous pardonne. Ainsi, même si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur ; dans son amour miséricordieux, la seule chose qu’il attend de nous, c’est qu’en reconnaissant humblement nos péchés, nous travaillions pour revenir à lui de tout notre cœur.

 

Bien-aimés, dans cet extrait de l’Evangile, le Christ nous fait comprendre que le jugement que nous redoutons tant, ne vient pas de Dieu, mais de nous-mêmes ; ce sont nos œuvres qui nous jugeront. La finale de cet extrait est claire à ce sujet. Le jugement le voici : « la lumière est venue dans le monde et les hommes ont préféré les ténèbres parce que leurs œuvres étaient mauvaises ».

Oui nous le savons, celui qui fait le mal ne vient pas à la lumière de peur que ses œuvres ne soient dénoncées. A chacun donc d’examiner son cœur, sa vie et ses œuvres pour voir s’il est fils de lumière ou fils de ténèbres. Dans tous les cas Bien-aimé; il ne se fait pas encore tard. Puisque tu es encore vivant, tu peux tout recommencer, balayer les aspects sombres de ta vie passée et repartir à zéro avec le Christ.

 

Ouvrons nos yeux pour accueillir la lumière qu’apporte le Christ en ce moment privilégié de notre vie. Laissons-le diriger, conduire, guider le volant de la barque de notre vie et ayons foi en lui, car il ne nous trompera jamais, est fidèle maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !


Abbé Charles AKITIO

Diocèse de Bafoussam-Cameroun