By S. - En marche à la suite de Christ

(Blog chrétien - le carnet d'un pèlerin)

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dimanche 21 février 2021

 Récollection de carême (partie 3)

 

Le Carême,

Moment favorable pour prendre soin de soi et des autres. 


Pour accéder à 

la partie 1 de l'enseignement, cliquez sur le lien ci-après Récollection de carême - partie 1 (Introduction)

à la partie 2 de l'enseignement, cliquez sur le lien ci-après Récollection de carême - partie 2 (prendre soin de soi)


II)              Prendre soin des autres

 

Prendre soin des autres, c’est être attentif à leur besoin et dans la mesure de nos possibilités, travailler à leur venir en aide.

Cela passe en ce temps de carême à veiller sur la santé des autres et à faire d’eux la cible de nos actions caritatives.

 

1)   Veiller sur la santé des autres

 

Prendre soin des autres commence également en cette situation de covid19, par prendre soin de leur santé.

Prendre soin de leur santé, c’est s’assurer que, je ne suis pas celui par lequel, l’autre peut tomber malade. C’est aussi, sensibiliser, car prévenir est mieux que guérir.

Veiller sur la santé des autres est déjà remarquable, le Seigneur nous demande également d’être attentifs aux besoins des autres.

 

2)   La pratique de la charité comme moyen par excellence de prendre soin des autres

 

Le carême nous donne également l’occasion de pratiquer de manière plus intense la charité, ce moyen par excellence pour prendre soin des autres.

Je voudrais retenir trois points qui pourront nous aider pour notre carême 2021 :

ü la fraternité humaine,

ü venir en aide à nos frères et sœurs

ü et construire un monde plus fraternel et plus juste.

 

La première des choses, qui nous permettra de prendre soin des autres, c’est de nous reconnaître tous comme des frères et des sœurs.

 

a)    La fraternité universelle

 

Aujourd’hui, de plus en plus, l’homme a moins conscience que celui qui est en face de lui est aussi une personne humaine avec qui il partage l’humanité. Autour de nous, tout est fait pour circonscrire l’homme dans un cadre qui exclut la plupart des autres.

Sans critiquer le bien qui en ressort, aujourd’hui les réseaux humains se veulent fermés. Nous mettons des barrières pour empêcher les gens de se rencontrer. Les riches ont leur monde, les classes moyennes ont le leur et le reste du peuple, parce que pauvre, en a un autre.

Nous regardons l’homme, et à son aspect physique, à son habillement, à son smartphone ou à sa voiture, nous le rangeons dans l’une ou l’autre catégorie. Et nous nous imaginons avoir des rapports ou non avec l’autre en fonction de son compte bancaire ou de sa position sociale. Ainsi, je suis fier de dire que j’ai pour oncle tel ministre qui en réalité n’a aucun lien de sang avec moi, mais je dis tête baissée que je ne connais pas un tel, parce que pauvre, lui qui pourtant est vraiment mon sang.

Par ailleurs, nos clôtures domestiques reflètent bien souvent les clôtures de nos cœurs, avec caméra et détecteur de position sociale pour être sûr que celui qui y trouve place est de la même classe sociale que moi ou appartient à la classe supérieure. Et nous oublions qu’en fait devant Dieu nous sommes tous frères et sœurs. A ce titre il ne devrait pas avoir de différence entre nous.

Dans l’Eglise, nous nous appelons frères et sœurs, mais le pensons-nous vraiment ? Voyons-nous l’autre comme un frère, comme une sœur ?

Nous commencerons véritablement à prendre soin des autres, quand nous accepterons que tous nous sommes frères. L’autre, cet être vil qui me persécute est aussi mon frère, de même, à contrario, cette personne que je persécute est aussi ma sœur.

Étant frères et sœurs, nous avons l’obligation de nous aider.

 

b)    Venir en aide à mon frère

 

Prendre soin de l’autre qui est mon frère et ma sœur, c’est, étant conscient de son problème, lui venir en aide sans rien espérer en retour.

Jésus disait en Luc 10, 30-37 « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté. Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.” Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Frères et sœurs, souvent, devant nos frères qui souffrent nous nous comportons exactement comme le prêtre ou le lévite. Nous regardons de l’autre côté, nous cherchons des excuses souvent même dans notre religion pour ne pas prendre soin de l’autre qui souffre.

Jésus nous prescrit de venir en aide à celui qui souffre après avoir identifié son besoin. Venir en aide, c’est lui donner quelque chose qui peut soulager sa souffrance.

Observons l’attitude du samaritain, qui avait toutes les bonnes raisons de lui aussi regarder ailleurs : il pansa les blessures, le chargea sur sa propre monture et conduisit dans une auberge, paya pour qu’il puisse être soigné.

A celui qui faim on ne tend pas un bâton. On donne à manger. Le temps de carême est un temps concret où on apprend à identifier les besoins de nos frères et sœurs et à venir à leur aide selon nos moyens.

Prendre soin de l’autre, c’est aussi construire un avenir meilleur dans lequel il pourra vivre.

 

c)     Construire un monde plus fraternel et plus juste

 

Notre pays et le monde entier ont été choqué par la mort de Ani Guibahi Laurent Barthélémy, âgé de 14 ans voulant se rendre en France dans l’espoir d’un avenir meilleur. Il est mort de froid dans le train d’atterrissage d’un avion reliant Abidjan à Paris.

A côté de cela on raconte qu’aujourd’hui plusieurs parmi ceux qui sont chargés de rendre la justice, la rendent en faveur des plus offrants sans tenir compte de leur impartialité. Il se dit aussi que plusieurs parmi ceux qui sont chargés des concours publics, vendent l’admission à des prix d’or dans l’ignorance totale de l’ordre du mérite.

Aussi, c’est tous les jours qu’on accuse à tort ou à raison ceux qui sont chargés de faire respecter les lois. Il est dit d’eux qu’ils protègent et défendent des hors la loi moyennant compensation financière.

On dit également que dans notre société, selon « qui tu es » ou selon tes entrées, tu peux bafouer le droit de l’innocent sans risque de te voir inquiéter. Et si ce dernier a quelques velléités de faire valoir ses droits, il peut terminer en prison. Le juste que l’on persécute est déclaré coupable. Et pour couronner le tout on dit même que les personnes morales, comme les guides religieux, sont corrompues et prêchent la Bonne Parole et donnent les bénédictions selon que tu t’appelles Pierre-Paul ou Paul-Pierre.

En fait ce contexte social est symptomatique d’une société en crise. Et nous chrétiens, nous devons aider à la construction d’une société plus juste et plus fraternelle où l’autre qui est mon frère peut vivre en toute quiétude.

Il ne nous est pas demandé de détourner notre regard et de dire « si depuis toujours l’aiguille de la montre tourne de gauche à droite, ce n’est pas moi qui vais changer. » Or l’aiguille de la montre tourne en principe de la droite vers la gauche. Il ne s’agit pas non plus de dire : « je suis venu trouver ça comme ça, moi aussi je vais prendre pour moi et partir. » Il s’agit plutôt à l’humble niveau où je me situe dans la chaîne, de combattre l’injustice sous toutes ses formes pour que demain, mon frère puisse trouver un monde plus juste.

Il s’agit de laisser mes valeurs chrétiennes m’imprégner jusqu’à dans ma profession. Car je suis chrétien les jours pairs et chrétiens également les jours impairs. C’est à ce prix, que nous bâtirons une société plus fraternelle pour nos frères qui en ont besoin.

 

 

Conclusion

 

Je voudrais terminer en nous rappelant, que le carême 2021, ne doit pas être un carême de plus dans ma (notre) plus ou moins longue vie de baptisés. Mais il doit être un carême qui me donne l’occasion de prendre soin de moi, de ma santé physique et de ma santé spirituelle en étant plus proche de Dieu par la prière permanente. Il doit aussi être un carême qui me donne l’occasion de prendre soin des autres en les considérant comme mes frères, en leur apportant de l’aide selon mes possibilités sans détourner le regard et en contribuant à construire un monde plus juste et une société plus fraternelle.

 

Que le Seigneur nous y aide et que la gloire lui revienne, lui qui règne pour les siècles des siècles.

Par 

l' Abbé Joseph Milafany  Y.
Prêtre du diocèse d'Abidjan




Récollection de carême (partie 2)

 

Le Carême,

Moment favorable pour prendre soin de soi et des autres. 


Pour accéder à la partie 1 de l'enseignement, cliquez sur le lien ci-après Récollection de carême - partie 1 (Introduction)

 

 

I)              Prendre soin de soi

 

 

Le temps de carême est le temps par excellence où nous sommes appelés à aller vers les autres. Ainsi compris, l’invitation à prendre soin de soi peut paraître égoïste ou antiévangélique. Pourtant le thème pastoral de notre année nous recommande de prendre soin de soi.

Prendre soin de soi est comme nous le savons être à l’écoute de ses besoins afin de les satisfaire.

Or le thème de notre année pastorale nous demande de faire aux autres ce que nous voulons qu’ils fassent pour nous.

Cela implique nécessairement de me connaître, savoir ce qui est bon pour moi, le désirer et en définitive, faire de même pour l’autre.

Ainsi, prendre soin de soi n’est pas antiévangélique, bien au contraire, dans le cas de notre carême 2021 c’est veiller sur sa santé. Avoir un mode de vie sain.

 

Nous parlerons ici, brièvement de la santé physique puis, plus longuement de la santé spirituelle.

 

1)   Santé Physique

 

Hier le point de la situation sanitaire en ce qui concerne la maladie à coronavirus dans notre pays était : 1486 personnes en traitement, et 185 personnes décédées. Si nous rendons grâce à Dieu de nous avoir relativement épargné de la maladie, nous devons prendre soin de notre santé. Porter notre masque, pas seulement à l’Eglise mais aussi partout où cela est nécessaire et respecter la distanciation physique.

A côté de notre santé physique, nous avons une santé aussi importante sur laquelle nous devons veiller : la santé spirituelle. C’est sur celle-là que je vais le plus insister

 

 

2)   Santé spirituelle

 

Le mercredi des cendres, l’Eglise nous a proposé trois attitudes qui devraient nous accompagner tout au long de notre carême :

ü la prière,

ü l’aumône

ü et le jeûne.

 

Je voudrais à la faveur de cet enseignement m’appesantir sur la prière. Ici, précisons bien qu’il ne s’agit pas de la prière communautaire, mais de la prière personnelle.

Comme nous le savons, la prière est le moyen pour communier avec Dieu. Le carême est un temps favorable, où nous devons parler avec Dieu. A partir de trois textes, je voudrais relever quelques caractéristiques de la prière chrétienne.

 

a)    La prière doit être discrète

 

Le premier texte, c’est celui qui a été lu le mercredi des cendres :

«Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. » Matthieu 6,5-7.

La prière chrétienne n’est pas une prière pour se faire voir.

L’hypocrite dans son sens originel, est une personne qui porte un masque pour jouer un rôle. Quand le Seigneur nous demande de ne pas prier comme les hypocrites et qu’il faut se retirer dans la pièce la plus retranchée, il veut nous rappeler que la prière chrétienne est discrète.

Le chrétien ne prie pas pour montrer aux autres qu’il prie. La prière n’est pas une comédie ; elle nous permet d’entrer en intimité avec Dieu. La grandeur de Dieu est telle qu’il se laisse rencontrer dans le secret. Là où nous sommes seuls avec lui, là où personne ne peut nous voir, là où l’humain étreint le divin, là où la Parole écoute celui qui parle, là où le Souffle de Dieu écoute celui qui souffle.

 

Le Seigneur dans ce temps de carême nous attend dans le secret et il désire que l’on vienne jusqu’à lui.

 

La prière n’est pas seulement intime, elle doit aussi être humble.

 

b)    La prière doit être humble


De prime abord, nous pouvons être choqués d’entendre que la prière doit être humble. Eh bien, oui, elle doit l’être.

Une prière authentique, une prière vraie, est une prière dans laquelle le chrétien se situe devant Dieu tel qu’il est, avec humilité. C’est-à-dire celui qui attend de lui miséricorde et pardon. C’est ce que nous enseigne le deuxième texte que je voudrais partager avec vous :

« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain. Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.” Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !” Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. » Luc 18,10-14.

Le chrétien ne prie pas pour dire à Dieu ce qu’il fait pour lui ou pour les autres, mais il prie pour présenter ses faiblesses et misères à Dieu.

Prier chrétiennement est l’attitude de celui qui ne se glorifient pas devant Dieu, car il sait que tout ce qu’il est, tout ce qu’il a provient de lui.

Celui qui prie ne juge pas son prochain, mais pose un regard d’amour sur lui. La prière que nous devons présenter à Dieu est une prière qui nous ramène à la vérité de ce que nous sommes : des hommes et des femmes qui ont besoin de lui et qui sans lui ne peuvent rien faire.

 

Si la prière doit être discrète et humble, elle doit aussi être insistante.

 

c)     La prière doit être insistante

 

La prière chrétienne doit aussi se faire insistante. C’est ce que relève le troisième texte que je vous propose :

« Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.” Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” » Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? » Luc 18, 2-7

Souvent nous prions et nous sommes décourager, mais le Seigneur nous rappelle que nous devons prier avec insistance, pas parce qu’il serait sourd, mais parce que prier avec insistance, nous rend familier de Dieu. Et c’est cette familiarité avec Dieu qui nous transforme et nous permet de comprendre l’action de Dieu pour nous.

En réalité, comme vous l’avez sans doute remarqué, prier c’est se rapprocher de Dieu, c’est se laisser transformer par lui. Et pour ce temps de carême 2021, je voudrais nous proposer, comme exercice, la prière permanente, pour notre bien-être spirituel. Il ne s’agit pas seulement d’avoir des moments de prières et de rencontres avec Dieu, mais notre défi sera d’être des hommes et des femmes de prières. Pour utiliser un langage actuel, des hommes et des femmes qui bénéficient d’une connexion illimitée avec Dieu.

Toutes nos journées doivent être tournées vers le Seigneur et l’on peut dire des petites phrases pour nous rappeler cette connexion à Dieu. Par exemple : « Je t’aime Jésus » ; « que ta volonté soit faite » ; « prend pitié du pécheur que je suis. »


Pour notre santé spirituelle, faisons l’expérience de la prière personnelle. 

 

Si nous prenons soin de nous, la charité chrétienne nous impose de prendre également soin des autres.

 

Pour accéder à la suite et fin  de l'enseignement, cliquez sur le lien ci-après Récollection de carême - partie 3 et fin (prendre soin des autres)


Par 

l' Abbé Joseph Milafany  Y.
Prêtre du diocèse d'Abidjan


 


 

Récollection de carême (partie 1)

 

Le Carême,

Moment favorable pour prendre soin de soi et des autres.

 

 

Frères et Sœurs,

 

A la faveur de ce temps de grâce qu’est le carême, nous aurons en lieu et place de l’homélie, un enseignement qui nous permettra d’entrer dans ce temps, en nous fixant des objectifs et en ne nous éloignant pas de l’essentiel.

 

Le thème de notre enseignement est le suivant : « le carême, moment favorable pour prendre soin de soi et des autres. »

 

Pour décliner ce thème, j’entamerai dans l’introduction, sans entrer dans les détails, sur l’origine, le sens du carême et sur la compréhension du carême comme temps favorable. Ensuite, dans la première partie, j’aborderai le carême comme temps favorable pour prendre soin de soi et enfin, dans la seconde comme temps favorable pour prendre soin des autres.

 

 

Introduction

 

·       Origine et sens du carême

 

Frères et Sœurs, comment peut-on se représenter l’origine du carême ?

 

 Aux premières heures de l’Eglise, il y avait une seule grande fête, celle de Pâques, qui commémorait la passion, la mort et la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ.

Les premiers chrétiens, ayant bien compris la grandeur de cette fête, avait décidé dans un premier temps de préparer pendant 3 jours les catéchumènes à ce moment. A la fin de ce temps, ils faisaient coïncider la célébration du baptême avec la fête de Pâques puisque le baptême exprime la mort au péché et la résurrection avec le Christ.

Plus tard, dans un deuxième temps, ayant estimé la grandeur du sacrement de baptême en lien étroit avec la Pâques, ils sont passés de trois à quarante jours de préparation pour les futurs baptisés.


Dans les premiers siècles, la période de préparation au baptême, qui avait lieu à Pâques, concernait uniquement les catéchumènes. C’est au IVème siècle que se manifeste la tendance à en faire un temps de pénitence pour toute l’Eglise avec pratique du jeûne et de l’abstinence de certains aliments (notamment la viande). Ainsi naît le carême, avec l’idée d’une sorte de retraite spirituelle marquée par la prière, la mortification (pénitence), le partage.


Le modèle à imiter, c’est bien sûr le Christ, luttant pendant quarante jours au désert contre Satan et ses démons qui voulaient contrecarrer sa mission ; comme nous l’avons entendu dans l’Évangile.


Retenons pour son origine et son sens que le carême est une très ancienne pratique, qui remonte aux premiers chrétiens, où pendant quarante jours, le chrétien dans la prière, la pratique de la charité et le jeûne lutte contre ce qui l’empêche de devenir un chrétien au sens authentique du terme.


Si tel est le sens et l’origine du carême pourquoi dit-on que c’est un temps favorable ?

 

·       Carême temps favorable

 

Pendant le carême, il y a une expression qui lui est liée et qui revient couramment : « carême, temps favorable ».

L’adjectif favorable, ici, est à saisir dans le sens d’opportun, de propice. Parler de carême comme temps favorable, c’est dire que ce temps est convenable à quelque chose. Et cette chose, c’est la conversion !

En effet, le temps du carême est propice à la conversion pour la simple raison, que toute l’Eglise pendant ce temps prie spécialement à cette intention. Rappelons-nous les paroles de Jésus : « Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. » Nous ne sommes pas deux, mais c’est toute l’Eglise qui prie pour la conversion personnelle de chacun de ses membres mais aussi pour qu’elle puisse mieux correspondre à la volonté de son Seigneur.

 

Le carême est donc ce temps qui dure quarante jours et pendant lequel, le chrétien veut se convertir avec l’aide de la prière, de la pénitence et de la charité. Il veut revenir à Dieu en abandonnant tout ce qui s’oppose à faire de lui un proche de Jésus.

Pour ce temps de carême, je voudrais vous proposer deux attitudes de conversion :

Ø prendre soin de soi

 

Ø et prendre soin des autres.

 

De tout ce qui a été dit, retenons que ce carême 2021, doit être pour nous ce temps favorable pour nous convertir et cette conversion passe par prendre soin de soi et des autres.


Pour accéder à la suite de l'enseignement, cliquez sur le lien ci-après Récollection de carême - partie 2 (prendre soin de soi)


Par 

l' Abbé Joseph Milafany  Y.
Prêtre du diocèse d'Abidjan




mardi 10 décembre 2019


Bonjour très chers lecteurs d'ici (Abidjan, Côte d'Ivoire) et d'ailleurs, cet article est un "hors-série" qui partage un enseignement du temps de l'Avent portant sur un thème bien précis :
Pour vivre en communion, faites aux autres, ce que vous voulez qu'ils fassent pour vous - Cf. Mt 7,12 
C'est un enseignement qui est ouvert à tous sans distinction de race, ni de culture, ni de localisation, bien que s'inscrivant dans une circonscription précise.

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Depuis le Samedi 12 Octobre 2019, fut officiellement ouverte la nouvelle année pastorale dans le diocèse d'Abidjan. Et à cette occasion fut dévoilée le thème de cette nouvelle année pastorale que nous citons :
POUR VIVRE EN COMMUNION, FAITES AUX AUTRES CE QUE VOUS VOULEZ QU’ILS FASSENT POUR VOUS
Ce thème tel que formulé paraît simple, cependant il est d'une grande profondeur. Et, nous devons nous plonger dans cette profondeur pour puiser nos repères pour réussir notre marche pastorale. 
Pour y arriver, il nous faut nous poser certaines questions:

  • Que signifie ce thème ?
  • Comment le comprendre ?
  • Comment le pratiquer concrètement ? 
Dans sa syntaxe, le thème pourrait être scindé en deux parties:

  • La première qui rejoint dans l’Évangile un extrait de la prière sacerdotale du Christ en Jean 17, 21, est introduite à dessein par une préposition : « Pour vivre en communion… ». 
  • La seconde « …Faites aux autres, ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous »
Ces deux parties ainsi exposées articuleront notre enseignement. Mais avant, parlons un peu du temps de l’Avent.

I- Le temps de l’avent 

Le temps de l'Avent est l'un des cinq temps de l'année liturgique (nous ferons un autre article beaucoup plus détaillé sur l'année liturgique).

Le temps de l’Avent compte quatre dimanches avant la Nativité (Naissance du Christ) et a deux objectifs principaux :
  1. tourner nos cœurs, nos prières vers le retour glorieux du Christ
  2. nous préparer à célébrer la naissance du Christ.

L’Eglise, au vue de ces deux objectifs a orienté toute la liturgie de ce temps. Ainsi,

  • du début de l’Avent jusqu’au 15 Décembre inclus, les textes liturgiques insistent sur les fins dernières, avec comme grande figure, nonobstant le Christ, celle prophète Isaïe ;
  • du 16 au 24 décembre au matin, nous entrerons peu à peu dans le mystère de la Nativité avec les textes afférents et qui aura pour figures de proue : Jean-Baptiste, Joseph et Marie.
Comme nous le savons, le temps de l’Avent est avant tout, un temps de préparation.
Un temps pour préparer notre rencontre avec le Christ, que cette rencontre soit ici bas dans notre cœur, ou plus lointain, avec le retour du Christ.

De cela, il  ressort une chose fondamentale, c’est que le temps de l’Avent n’a pas pour but premier de nous préparer de façon ponctuel à un événement annuel, mais il veut nous aider, nous conduire de manière plus profonde à la sainteté. La finalité première de ce grand temps de l’Eglise est donc de faire de nous des saints. Par exemple, dans la bulle de canonisation de saint Louis, le pape Boniface VIII montre comment ce précieux temps de l’Avent a aidé le saint roi dans sa marche vers la sainteté. Il y a donc un lien indubitable entre le temps de l’Avent et la vie de sainteté.

Puisque le thème de l’année veut conduire nos pas vers la sainteté et que le temps de l’Avent veut également nous rapprocher de cela, il convient de comprendre ce thème de l’année, de le mettre en pratique et de le vivre pour approcher de la sainteté.

II- « POUR VIVRE EN COMMUNION… »

Le thème tel qu'il nous est proposé, par notre Père Archevêque, nous montre d’abord l’objectif à atteindre et les moyens pour y parvenir (techniques marketing)
Remarquez avec moi qu’il n’aurait apparemment rien de changer si l’on formulait le thème en plaçant cette proposition à la fin de la phrase : « Ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous, faîtes-le aux autres pour vivre en communion », mais c’est à dessein. 
Il s’agissait de focaliser notre premier regard, celui de notre intelligence et de notre cœur sur l’objectif qu’est la communion: communion de cœur, communion d’action, communion d’amour et communion de pensée calquées sur la communion qui intimement unit le Père, le Fils et l’Esprit Saint

Cette communion qui est union et réunion s’avère être un défi dans une Église regroupant plusieurs groupes. 

Cette communion qui est union et brassage est un véritable défi dans un contexte de vive tension politique opposant des fervents catholiques qui partagent la même foi mais n’hésitent pas à brandir le glaive pour défendre leur cercle partisan ! 

Notre père Archevêque, devant la situation du pays qui fait peur nous invite à nous plonger dans la mystique union divine qui unit les personnes de la Trinité

    Le mot communion signifie un accord profond, « commune union » entre personnes. Ainsi, la communion va jusqu’à signifier une symbiose « de sens » entre baptisés mais aussi entre baptisés et les personnes de la Trinité Sainte. 
    Pour bien comprendre, prenons l’exemple de la préparation d’un gâteau. En effet, vivre en communion c’est un peu comme associer, malaxer et panacher les différents ingrédients qui servent à confectionner un gâteau. 
    D’un ingrédient à un autre, les mesures sont respectées et peu à peu la pâte prend forme et elle est mise au four.  A la cuisson, la bouche saura apprécier la délicate saveur des œufs, de la farine, du chocolat, du sucre, des noix de muscade et du beurre sans pouvoir les détacher distinctement. 
    C’est ainsi que notre communion est une unité qui n’altère point la particularité savoureuse des individualités. Aussi, cette image empruntée à la réalisation d’un gâteau nous démontre que la communion est d’une sévère exigence qui requiert délicatesse, mesure, attention, mais, aussi et surtout l’épreuve du four, celle des incompréhensions et des échafaudages, qui ne sont qu’un passage utile qui mettra à nu la solidité de notre communion. 
                
III- « FAITES AUX AUTRES CE QUE VOUS VOULEZ QU’ILS FASSENT POUR VOUS »

    Si la première partie de notre thème indiquait le but à atteindre en cette année, la seconde partie nous livre les moyens à employer pour tendre vers le but indiqué.  

    Pour vivre la communion notre père Archevêque, nous invite à respecter une règle d’or qui est inscrite dans la loi naturelle avant même d’être chrétienne : « faites aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous ». 
   
Cette règle d’or, l’Ancien Testament la connaissait sous une forme négative : « ne fais à personne ce que tu n’aimerais pas subir » (Tb 4, 45). 

    Le Nouveau Testament quant à lui l’appréhende sous une forme positive dans Mt 7, 12 et Lc 6, 31 : « Donc tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous faites- le aussi pour eux ». 
    Le Christ, qui cite ce verset dans le cadre d’un enseignement sur l’amour des ennemis, nous indique que la manière pratique d’aimer son prochain est de voir en lui un autre moi. 
    Frères et sœurs, nous devons être conscients que par le baptême nous sommes incorporés au Christ et que chaque baptisé est une partie de moi-même
    L’autre en étant un reflet de Dieu est un autre moi-même et le poids qui lui écorche les épaules ne devrait en aucun cas me laisser indifférent !  
    Nous sommes invités à convertir le regard que nous portons sur les autres et à les regarder avec les yeux d’amour que nous portons sur nos propres personnes. 
    Il s’agit pour nous concrètement en cette année de portée un regard de conscience sur chaque acte que nous posons en nous demandant : comment aurais-je voulu réagir si les rôles étaient inversés
    Très chers frères, nous sommes conviés à ôter de nos faces ces masques de froideur, de distance et d’indifférence qui enlaidissent les relations que nous entretenons avec les autres. 


Et pour terminer, nous vous laissons neuf (09) caractéristiques essentielles à une communion fraternelle saine. 

1. Faire part de ses vrais sentiments (Authenticité)

« Renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain; car nous sommes membres les uns des autres. » Éphésiens 4.25

2. S’encourager réciproquement (Mutualité)

« C’est pourquoi encouragez-vous les uns les autres et aidez-vous mutuellement à grandir dans la foi, comme vous le faites déjà. » 1 Thessaloniciens 5.11

3. Se soutenir les uns les autres (Sympathie)

« Ayez de l’affection les uns pour les autres comme des frères qui s’aiment; mettez du zèle à vous respecter les uns les autres. » Romains 12.10

4. Se pardonner (Miséricorde)

« Supportez-vous les uns les autres, et si l’un de vous a quelque chose à reprocher à un autre, pardonnez-vous mutuellement; le Seigneur vous a pardonné : vous aussi, pardonnez-vous de la même manière. » Colossiens 3.13

5. Se dire la vérité avec amour (Franchise)

« Celui qui répond franchement donne une preuve de son amitié » Proverbes 24.2

« Frères, si un homme vient à être surpris en faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. » Galates 6. 1-2

6. Admettre ses faiblesses (Humilité)

« Vivez en bon accord les uns avec les autres. N’ayez pas la folie des grandeurs, mais acceptez des tâches modestes. Ne vous prenez pas pour des sages. » Romains 12.16

« Ne faites donc rien par esprit de rivalité, ou par un vain désir de vous mettre en avant; au contraire, par humilité, considérez les autres comme plus importants que vous-mêmes; et que chacun regarde, non ses propres qualités, mais celle des autres. » Philippiens 2. 3-4

7. Respecter les différences (Courtoisie)

« Que chacun de nous recherche la satisfaction de son prochain pour le bien de celui-ci, en vue de l’aider à grandir dans la foi. » Romains 15.2

« Qu’ils soient conciliants, courtois, et qu’ils fassent preuve d’une parfaite amabilité envers tous les hommes. » Tite 3.2

8. Ne pas faire de ragots (Confidentialité)

« Le fourbe sème la discorde, et le rapporteur sème la brouille entre des amis. »Proverbes 16.28

9. Donner priorité au groupe (Régularité)

« N’abandonnons pas nos assemblées comme certains ont pris l’habitude de le faire. Au contraire, encourageons-nous les uns les autres. » Hébreux 10.25

Bon temps de l'Avent à vous chers lecteurs !


Extrait de l'enseignement du 1er Dimanche de l'Avent
De l' Abbé Awoh Jean-Chris, Prêtre du Diocèse d'Abidjan
Dimanche 1er Décembre 2019