By S. - En marche à la suite de Christ

(Blog chrétien - le carnet d'un pèlerin)

jeudi 13 février 2020


Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie Alléluia! 

L'histoire commença le 12 Février 2015, un matin de beau soleil ! Le verbe comme à son quotidien se faisait insistant en notre être tout entier. Il nous fallait le rendre mais comment et pourquoi ..?

Bref c'est ainsi qu'au bout de quelques heures de réflexion By S. -  En marche à la suite du Christ vit le jour.



Mercredi 12 Février 2020, voici cinq (05) ans que nous faisons notre petit chemin à la suite du Christ, tant bien que mal, avec notre bâton de pèlerin.

Au fil des jours et des années, nous sommes passées par toutes les couleurs, toutes les émotions et tous les sentiments.

En effet, la gestion d'un blog n'étant pas aussi simple que cela pourrait le laisser croire, de multiples difficultés furent rencontrées tout au long de ce tronçon déjà parcouru. Ceci sans compter la fréquence de publication que nous nous sommes donnés; la réalité finit par nous rattraper étant seul rédacteur.

D'aucun pourrait se demander pourquoi n'avoir pas sollicité des personnes. Et bien soyez en rassuré cela fut fait. Cependant, il faut retenir que l'homme propose, Dieu dispose (cf. Proverbe 16,9) et tant que le moment n'est guère arrivé, vous ne pouvez l'outrepasser.

Cinq (05) ans c'est énorme!

Que de joie! Oui parce qu'un peu de fierté pour le travail abattu . 

Un peu de tristesse car peu d'objectif atteint.

Nous aurions aimé lors de notre bilan jubiler pour une grande audience (qui n'en rêverait pas?) malheureusement ou heureusement, nous n'en avons pas encore; Néanmoins, nous avons la ferme conviction qu'au moins un article a pu toucher une personne quelque part sur la terre.

Notre joie en ce jour est due à notre persévérance. Bien que n'ayant pas toujours respecté le chronogramme de publication, nous n'avons laissé aucune de ces années en mode silence. Et nous rendons grâce à Dieu pour tout ce qu'il a permis et permet.

Cinq ans c'est l’entame de l'enfance, nous avons quitté la petite enfance. Et Dieu nous a fait la grâce d'intégrer une nouvelle rubrique qui compte de nouveaux rédacteurs. Et c'est l'une de nos plus grandes joie. 

By S. -En marche à la suite du Christ est un carnet de pèlerin, et il vit, comme le pèlerin qui le tient, chacune de ses aventures qu'il essaie de partager au monde.

Nous adorons le Seigneur qui nous a faits, comme le dit l'antienne de ce jour, pour ce qu'il est Dieu.

Nous le prions en ce jour pour qu'il nous donne la force d'écrire pour vous chers frères et sœurs lecteurs, tout aussi pour nous et ce pour la plus grande gloire de Son Nom.

Nous soufflons cette bougie avec de la joie certes, mais avec beaucoup d'espérance en et pour l'avenir.

Aussi, à vos prières nous nous recommandons pour que cet apostolat puisse grandir selon le bon vouloir de notre Seigneur Jésus-Christ.

Bonne année 2020 à vous! 
Bonne année à nous tous sur notre petit cahier !
Que Dieu bénisse chacune de vos familles, de vos personnes. Amen.

M-H_Dmi, la petite fleur du Christ
Marie-Hélène S. SARR
Rédactrice en chef 

dimanche 9 février 2020


5 ème Dimanche du Temps Ordinaire — Année A



Textes du jour : Is 58,7-10   Ps 111 (112),   / 1 Co 2,1-5/ Mt 5,13-16


Frères et Sœurs, Amis de Dimho,

Nous avons entendu dans l’Evangile, l’une des phrases les plus célèbres de Jésus :
« Vous êtes le sel de la terre ; vous êtes la lumière du monde. »
Comment pouvons-nous comprendre cette Parole ?

D’abord penchons-nous sur les destinateurs de cette phrase. A l’entame de l’Evangile, saint Matthieu nous dit : « comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus sur la montagne, il leur disait ». De cela, il est clair que quand Jésus dit : « Vous êtes le sel de la terre ; vous êtes la lumière du monde. » ; il le dit à chacun de nous.
C’est moi qui suis sel de la terre ; c’est moi qui suis lumière du monde. Chacun de nous doit pouvoir se dire, je suis sel de la terre, je suis lumière du monde. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ?
Je vous propose chers frères et sœurs d’aller chercher la signification de ce que nous sommes, dans un premier temps dans la vie ordinaire ; puis dans un deuxième temps dans la Bible et de là, tirer les implications pour notre vie de foi.

D’un point de vue profane, je dirai même habituel:
  • le sel relève le goût des aliments, il donne du piquant, il suscite de l’intérêt et il est aussi utilisé pour conserver les aliments.
  • La lumière, quant à elle, rend visible les objets, révèle les choses cachées par l’ombre. Grâce à la lumière nous pouvons distinguer les personnes et les choses. Aussi, la lumière guide l’esprit et l’intelligence.
Ainsi, du sel comme de la lumière, nous pouvons retenir qu’ils sont des éléments révélateurs. Le sel, comme la lumière bien ajustés expriment la nature des choses et font jaillir à découvert les secrets de ce qui entre en contact avec eux.

Notons également que le sel n’est pas sel pour lui-même, encore moins la lumière pour elle-même, le sel est sel pour autrui et la lumière de même
C’est pourquoi, être sel de la terre et lumière du monde, c’est révéler aux habitants du monde qui ils sont. C’est indiquer aux habitant de la terre le chemin qu’ils doivent emprunter

Frères et Sœurs, Jésus nous dit de manière, on ne peut plus claire, que c’est nous, ses disciples qui devons enseigner aux habitants du monde ce qu’ils sont et ce qu’ils ont à faire.

Maintenant, que nous dit la Bible du sel et de la lumière?

Devant l’abondance de sens bibliques de ces éléments, je vais m’arrêter aux plus importants.
  • Dans le livre du Lévitique au chapitre 2 le verset 13, le Seigneur dit : « à toute offrande [au Seigneur] tu joindras une offrande de sel à ton Dieu. » Toujours dans la Bible, dans le deuxième livre des Rois au chapitre 2 les versets 19 à 22, le prophète Elisée jette du sel dans les eaux, accompagné de la Parole du Seigneur qui vient les assainir. Le sel sert à purifier ce qui doit être offert à Dieu et est le symbole d’une réalité purifiée par le Seigneur
Le sel dans la Bible a une fonction purificatrice. 
  • En ce qui concerne la lumière, rappelons-nous que le premier jour de l’œuvre de création du Seigneur, il dit que la lumière soit et prit bien soin de séparer la lumière des ténèbres. Dans le Psaume 119 au verset 105, la Parole de Dieu est la lumière qui éclaire la route du croyant. Et l’aboutissement du symbolisme de la lumière se trouve dans l’Evangile selon saint Jean au chapitre 9 le verset 5 où le Christ dit : « tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » .
Frères et sœurs, la lumière du monde c’est le Christ.

Frères et sœurs, Amis de Dimho, quand le Christ nous dit que nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde, Notre Seigneur et Notre Maître nous fait comprendre que nous ses disciples, nous sommes les hommes et les femmes qui devront par leurs actions rendre purs les habitants de la terre.

Jésus nous fait comprendre que nous sommes le signe et le symbole de la purification qu’il a opéré pour le monde en se livrant à la croix pour lui.

Frères et sœurs, le Seigneur nous aime tellement et son degré de confiance en nous est tellement grand, que quand il nous dit que nous sommes la lumière du monde, il nous dit que nous sommes dans ce monde et pour ce monde Sa présence.

Oui! Jean, Jacques, Andrée, Koffi, Amoin, Sokopétinan, et qui que tu sois, tu es lumière du monde, tu es pour le monde présence de Jésus-Christ.

Par ailleurs, le Seigneur, nous dit de manière retentissante, que notre rôle en tant que ses disciples, ne s’arrête pas seulement à révéler aux habitants du monde qui ils sont ; ou à indiquer aux habitants de la terre le chemin qu’ils doivent emprunter ; ou encore à enseigner aux habitants du monde ce qu’ils sont et ce qu’ils ont à faire. Il nous dit que nous ses disciples, nous sommes sa présence. Nous sommes christifié, nous devons donc faire resplendir le christ.

A partir de là, s’éclaire lumineusement, cette belle phrase de saint Paul dans la deuxième lecture : « parmi vous, je n’ai rien voulu connaitre d’autre que Jésus-Christ. » 
Frères et sœurs, Amis de Dimho, voilà notre objectif, connaitre Jésus-Christ de manière intime, pour pouvoir vivre de lui. Parce que si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi.

Et si le Christ vit en moi, ou encore si je suis moi, présence du Christ pour le monde, les recommandations de la première lecture ne sont plus abstraites ou irréalisables.
Ainsi,
  • partager mon pain avec celui qui a faim devient une nécessité, car le Christ a multiplié le pain pour ceux qui avait faim ;
  • recueillir chez moi le malheureux sans abri devient une réalité, car le Christ lui-même a dit venez à moi vous tous qui êtes fatigués et je vous donnerai le repos ;
  • couvrir celui que je vois sans vêtement matériel ou sans vêtement spirituel devient une urgence, car le Seigneur nous a déjà mis en garde, à la fin des temps le juste juge dira venez à moi les bénis de mon père car j’étais nu et vous m’avez habillez ; quand est-ce que Seigneur nous t’avons vu nu et nous t’avons habillé répondrons-nous ? Et le Seigneur de répondre à chaque fois que vous l’avez fait à un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.

Frères, sœurs nous sommes le sel de la terre, nous sommes la lumière du monde. Comme pain, demandons au Seigneur de nous rendre tel. A lui la gloire pour les siècles des siècles.

Abbé Joseph Milafany YEO,
Prêtre de l'Archidiocèse d'Abidjan




dimanche 2 février 2020


Présentation du Seigneur - Année A
Dimanche 02 Février 2020


Textes du jour :  Ml 3,1-4 / Ps 23 (24) / He 2,14- 18/ Lc 2,22-40

Frères et Soeurs

La fête de la Présentation du Seigneur que nous célébrons aujourd’hui, était autrefois appelée « Purification de la Vierge Marie. ». Cette fête clôt les solennités de l’Incarnation. Elle rappelle que Jésus fut présenté au temple, 40 jours après sa naissance, selon la loi de Moïse.
Dans l’Evangile de ce jour, nous pouvons pour notre méditation retenir trois enseignements.
Le premier enseignement que je voudrais qu’on retienne, c’est la présentation même de Jésus. Après la sortie d’Egypte, Moïse a prescrit aux fils d’Israël de consacrer à Dieu tout mâle qui ouvre le sein maternel, depuis les premiers-nés de l’homme jusqu’à ceux du petit bétail. C’est ce rite que les parents de Jésus viennent ici au temple de Jérusalem accomplir pour le petit Jésus. Ce rite exprime quelque chose de très profond : l’obéissance et l’attachement à la Parole de Dieu. Les parents de Jésus, ayant eu la grâce d’avoir comme enfant le Fils de Dieu pouvaient vouloir se soustraire à l’obéissance à Sa Parole, mais non ! Par ce fait, ils nous enseignent que, quel que soit notre situation sociale, quel que soit la position que nous occupons, nous n’avons pas le droit en tant que chrétien de nous  soustraire à l’obéissance à la Parole de Dieu. Car ceux même qui ont vécu avec cette Parole faite chaire n’ont pas eu le luxe de désobéir.

C’est justement cette obéissance à la Parole de Dieu, qui permet au vieillard Siméon poussé par l’Esprit de Dieu de se rendre au temple.

Le deuxième enseignement que je voudrais qu’on retienne pour notre méditation est la grande prière qu’il a prononcée : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » Cette prière, révèle le mystère de l’enfant-Dieu:
Ce petit enfant tenu dans les bras de sa mère est le salut préparé par Dieu pour chacun de nous, il est la lumière des nations.
Cette prière veut nous faire comprendre que devant les situations difficiles que nous traversons ou que nous aurons à traverser, nous n’avons pas à rechercher notre salut, dans les solutions de facilité comme la corruption, comme la consultation de mystique ou de gourou qui promettent un bonheur illusoire ; mais nous devons mettre notre espoir dans celui qui est le Salut de Dieu, celui qui est la lumière des nations. 
Le troisième enseignement qui retient mon attention pour notre méditation, c’est l’attitude de la femme prophète, Anne, fille de Phanuel. Luc nous dit d’elle, qu’elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance d’Israël. C’est l’attitude que nous devons tous avoir. Tout au long de notre vie, nous devons pouvoir rendre grâce à Dieu mais en plus, parler de lui, c’est-à-dire, participer à l’œuvre d’Evangélisation. Participer à l’œuvre de l’Evangélisation, c’est prendre une part active pour que le message de la bonne Nouvelle de Jésus-Christ puisse parcourir Notre monde. Cette part active, peut être le temps que nous offrons à Dieu en priant pour les évêques, les prêtres, les diacres et pour tous ceux qui consacrent leur temps à annoncer l’Evangile. Cela peut être également les moyens matériels et financiers que nous mettons à la disposition des agents pastoraux pour permettre une meilleure Evangélisation. Cela peut être aussi et surtout la qualité d’une vie vivement évangélique, le témoignage d’une vie personnellement branchée sur l’Evangile que nous nous attachons à mettre en pratique, devenant aussi pour les autres, sel et lumière.
Frères et sœurs, demandons au Seigneur comme pain de ce jour la grâce de la fidélité. Fidélité à sa Parole, fidélité à lui-même pour ce qu’il est pour nous et fidélité dans notre travail à l’œuvre d’Evangélisation.

Abbé Jean-Chris Awoh,
Prêtre de l'Archidiocèse d'Abidjan

dimanche 19 janvier 2020



2 ème Dimanche du Temps Ordinaire — Année A



Textes du jour : Is 49,3.5-6   Ps 39 (40),   / 1 Co 1,1-3/ Jn 1,29-34

Frères et Sœurs,

Je voudrais reprendre pour vous cette bénédiction, que saint Paul adresse aux corinthiens, que nous venons d’entendre dans la deuxième lecture :
A vous grâce et paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ. 

Après le temps de l’Avent et de Noël, nous entrons maintenant dans le temps ordinaire. Si l’Avent est le temps d’attente joyeuse et Noël le temps très joyeux de la naissance et de la manifestation, que pouvons-nous dire de ce temps dit ordinaire ? Le temps Ordinaire n’est pas un temps de seconde classe ou de classe inférieure dans le cycle liturgique, mais est celui qui nous est offert pour laisser descendre en nos cœurs tout ce dont les autres temps nous ont comblés. Cette descente dans nos cœurs doit pouvoir susciter en nous une attitude fondamentale, pour nous chrétiens, qui est le témoignage.

C’est justement ce à quoi nous invite l’Evangile de ce jour. Saint Jean, nous raconte l’attitude de Jean le Baptiste lorsqu’il vit Jésus venir vers lui. Saint Jean l’évangéliste nous dit de manière éloquente : « alors Jean le Baptiste rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : "Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint" . Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

Frères et Sœurs, nous sommes invités à rendre témoignage de Jésus et saint Jean-Baptiste nous montre les étapes qui constituent la véracité du témoignage.


  • Il y a d’abord l’écoute du message c’est pourquoi il dit : « celui qui m’a envoyé m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint ».

Un témoignage authentique commence par l’écoute attentionnée de la Parole de Dieu. C’est cette écoute attentionnée de la Parole de Dieu qui nous permettra de voir ou comprendre la réalisation ou l’accomplissement de cette Parole. C’est justement ce que Jean fait : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. »


  • Et enfin y a l’annonce ou la proclamation : « Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »


Le temps ordinaire, que nous vivons, nous demande de pouvoir rendre témoignage à Jésus. Concrètement, cela veut dire être à l’écoute de Jésus, expérimenter sa parole et sa présence et annoncer au monde entier les bienfaits de Dieu dans notre vie.

Ce cheminement nous invite à nous poser des questions légitimes :

  • Quel est mon rapport vis-à-vis de la Parole de Dieu ?
  • Suis-je à l’écoute de Dieu ?
  • Lis-je ma Bible pour comprendre ce que le Seigneur attend de Moi ?
  • Est-ce que je proclame à mes frères et sœurs et cela dans un esprit d’humilité ce que le Seigneur fait pour moi ?

Aussi, le témoignage de Jésus n’est pas seulement oral, mais il est, surtout, dans la conduite de tous les jours. Autrement dit, témoigner de Jésus ne se limite pas seulement à la parole, mais aussi et surtout se poursuit dans le vécu quotidien conforme à la Parole de Christ.
Etre un témoin de Jésus, c’est avoir une cohérence de vie en rapport véridique avec la foi proclamée.

Le témoignage ne s’inscrit pas dans la logique du faire ce que je dis, mais ne fait pas ce que je fais. Etre un témoin de Christ, c’est renoncer à une double vie : une vie de chrétien le jour et d’idolâtre la nuit. Une vie d’époux ou d’épouse chrétien aux yeux de tous et une vie cachée avec une seconde famille. C’est renoncer à être tous les matins à l’Eglise et être incapable dans sa vie professionnelle de s’inscrire contre la corruption, mais bien plus, d’inciter à la corruption.

Frères et Sœurs, témoigner de Jésus à travers l’annonce et la cohérence de vie, voilà ce à quoi nous interpellent les textes d’aujourd’hui et ce temps ordinaire que nous vivons maintenant. Que le Seigneur nous y aide.


Abbé Joseph Milafany, 

Prêtre du Diocèse d'Abidjan. 

dimanche 5 janvier 2020



Epiphanie du Seigneur — Année A
Dimanche 05 Janvier 2020


Textes du jour : Is 60, 1-6   Ps 71 (72), 1-2, 7-8, 10-11, 12-13  / Ep 3, 2-3a.5-6)   / Mt 2, 1-12

Une célèbre maxime de notre pays dit que : « celui qui a vu la panthère et celui qui ne l’a pas vu n’ont pas la même manière de courir ». Pris dans un sens chrétien, l’on pourrait affirmer que celui qui a vu le Christ et celui qui ne l’a pas vu n’ont pas la même manière de vivre.
La fête de l’épiphanie que nous vivons en ce jour est essentielle pour notre vie de chrétien. En effet, Le mot Epiphanie vient du grec épiphanéia : « apparition » ; de épiphainéin : « paraître ou briller sur ». La Solennité de l’Epiphanie célèbre la manifestation de Jésus comme Messie. 
Le magnifique texte poétique d’Isaie préfigure en quelque sorte l’épiphanie de Jésus. Il se situe vers 520 avant Jésus Christ, c’est-à-dire une vingtaine d’années après le retour de l’exil à Babylone. Il est une invitation à nous laisser guider, au milieu de nos obscurités, par la lumière du Christ, à ne pas demeurer dans les ténèbres du fatalisme et du désespoir. Ces paroles d’Isaïe, comme le dit le pape François, « nous appellent à nous lever, à sortir, à sortir de nos fermetures, sortir de nous-mêmes, et à reconnaître la splendeur de la lumière qui illumine nos existences ».
Les responsables de l’Eglise, les responsables d’un service d’Eglise ont vocation à se laisser éclairer par les paroles et la vie de Jésus, à se centrer sur Lui et non sur eux-mêmes : non pas « moi, je » sais tout, non pas « moi je » peux tout, non pas « moi j’ai » tout mais c’est Lui Jésus le Verbe, Lui la vraie Lumière, Lui la seule richesse, Lui qui nous offre tout son Amour.
Saint Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, nous rappelle que toutes les femmes et tous les hommes sont invités à entrer dans le mystère de la révélation et de l’incarnation. Ce n’est pas un secret jalousement gardé par Dieu. L’Evangile de Jésus, sa Bonne Nouvelle, s’adresse à l’univers entier. Pour ce faire, les membres de notre Eglise ont à témoigner de façon crédible, dans le quotidien de leur vie de la tendresse de notre Dieu.
Notre société nous habitue à venir vénérer, adorer voire idolâtrer les stars du sport, de la chanson, de la politique, ou les grands de ce monde. On nous habitue, à longueur de jour à aduler les puissants, les têtes couronnées, celles et ceux qui ont reçu la consécration médiatique. Il me plaît que les mages viennent adorer et combler de présents ce petit être fragile, couché dans une mangeoire, qu’est l’enfant Jésus.
Sachons reconnaître les signes que Dieu offre, comme l’étoile pour les mages. Reconnaissons cette lumière qui émane du visage de cet enfant né dans la simplicité d’une maison de périphérie de Bethléem entre une maman Marie et un papa Joseph pleins d’amour et de foi.
Trois sens me paraissent à relever pour notre vie chrétienne d’aujourd’hui.
Pour cela, repartons du récit évangélique. Sœurs et Frères en Jésus, dans l’évangile de Matthieu, nous n’avons que peu d’informations sur les Mages : qu’une étoile les a guidés vers Bethléem. Le pape François déclare : « ils ne se lassent pas d’affronter les difficultés de la recherche ». D’ailleurs, si Hérode les reçoit, c’est que ces personnages avaient une notoriété « internationale » certaine. On n’entre pas chez Hérode comme cela !
Le premier sens de l’épiphanie, c’est que, dès la naissance de son Fils, Dieu fait le premier pas vers chacun d’entre nous. Un pas de proximité, en appelant des bergers à venir adorer l’enfant Jésus. Un grand pas culturel, en appelant des scientifiques de l’époque à venir de loin, adorer aussi le même enfant Jésus. Chacun est ainsi rejoint par la Bonne Nouvelle. D’abord les pauvres, ensuite les savants. Que ce soit ceux qui gardent les troupeaux, attentifs aux nouvelles des environs, ou que ce soit ceux qui étudient le monde, qui cherchent à en décrypter le fonctionnement, attentifs aux phénomènes de la nature. L’appel du Seigneur est premier et destiné à tous. Ce qui est remarquable, c’est que les mages sont appelés à partir de ce qu’ils étudient, dans leur propre sujet de recherche. C’est précisément là que Dieu les rejoint, au point qu’ils se mettent en route.
Et voici précisément le deuxième sens de l’épiphanie : Dieu, présent en humanité dans l’enfant Jésus, peut être reconnu dans la foi quelle que soit notre condition, notre culture, notre éducation, nos diplômes, notre métier, nos passions, nos goûts. Regardez les mages : à partir de leur science, ils font un chemin qui se termine par un acte de foi, l’adoration devant l’enfant Jésus nouveau-né. Le chemin des mages a débuté par la rationalité, il se termine par la grâce, lorsque Dieu se fait reconnaître. Ainsi, c’est d’abord Dieu qui cherche chacun d’entre nous. Il fait toujours le premier pas vers nous, personnellement, avant même que nous fassions le premier pas vers lui. Ainsi, soyons davantage attentif aux signes que Dieu nous adresse pour nous rejoindre, parfois discrètement, au cœur de nos activités humaines dans la réalité de notre quotidien, non seulement à travers des événements et des rencontres, mais aussi à travers ce que nous sommes, et même à travers nos connaissances et nos expériences quotidiennes, comme pour les mages. Tout ce que nous sommes, tout ce que nous vivons et partageons, peut se révéler être chemin vers Dieu.
Nous sommes alors invités à ne pas nous limiter à l’accusé de réception de cet appel, mais à orienter nos pas à partir de l’appel, pour rejoindre le Seigneur dans cette même réalité quotidienne, comme les mages qui se déplacent jusque sur le lieu de la naissance de Jésus, et qui le reconnaissent à travers la symbolique de leurs présents : l’or signe de la royauté, l’encens signe du grand prêtre éternel qui nous relie à Dieu, la myrrhe utilisée pour embaumer les morts, signe de la mort aussi bien que signe de la victoire sur la décomposition des corps. Jésus-Christ connaîtra la mort, mais ressuscitera des morts. Roi de l’univers, grand prêtre et unique médiateur entre Dieu et les hommes.
Cela nous conduit au troisième sens de l’Épiphanie : le Christ universel est venu pour tous, afin qu’aucun ne soit perdu et ne reste dans l’obscurité. Comme nous l’écrit Saint Paul dans la seconde lecture, l’épitre aux Éphésiens, « ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile ». Toutes les nations : ce n’est pas seulement au sens politique, c’est aussi au sens culturel, donc universel. L’avènement du Christ-Jésus donne sens et salut à l’univers, à la vie, à nos propres vies, même si l’obscurité du mal, de la souffrance est encore présente autour de nous et en nous. Le livre d’Isaïe et le psaume que nous avons écoutés l’affirment : « Voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur » (épi : sur, phanos : se lève, se manifeste) ; « Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. Il aura souci du faible et du pauvre, dont il sauve la vie ». Le faible et le pauvre, c’est celui qui éprouve un manque, que ce soit matériel pour sa survie, que ce soit affectif ou même encore spirituel dans sa propre humanité.
« Celui qui a vu la panthère et celui qui ne l’a pas vu n’ont pas la même manière de courir ». Cette Épiphanie, nous la recevons là où nous sommes, tels que nous sommes. Nous en vivons et elle nous transforme pour nous diviniser progressivement. Que cette solennité de l’Épiphanie nourrisse notre foi, notre espérance et notre charité afin de poursuivre notre pèlerinage vers le Seigneur, au cœur de notre quotidien, comme les mages l’ont expérimenté. Lui le Vivant à Jamais pour les siècles des Siècles. Amen


Abbé Marc-André Barthélémy,
Prêtre de l'Archidiocèse d'Abidjan

mercredi 1 janvier 2020

Solennité de Sainte Marie Mère de Dieu 1/1/2020



Textes du jour : Nb 6,22-27 / Ps 66 / Ga 4,4-7 /
Lc 2,16-21

Frères et sœurs en Christ, lecteurs de Dimho, nous méditions en ce premier jour de l’an, sur le mystère de la maternité divine de la Vierge Marie et la liturgie nous invite à méditer l’Évangile de Luc : précisément au deuxième chapitre les versets 16 à 21. Qu’y passe-t-il ? 

Des Bergers, sur instructions de l’ange, arrivèrent à Bethléem, découvrirent « Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans une mangeoire. (et) Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait annoncé au sujet de cet enfant. ». Ils racontaient ce que l’Ange qui leur annonça la naissance de Jésus avait dit : « je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. » Frères et sœurs, les Bergers, cette nuit-là, dans une insignifiante étable de Bethléem ont annoncé à tous ceux qui étaient présents que celui qui est couché dans la mangeoire est le Messie, le Seigneur.

Après cette annonce déconcertante, l’Évangile que nous venons d’entendre, nous met en face de deux attitudes : « tout le monde s’étonnait de ce qu’ils racontaient. Marie, cependant, retenait tous ces évènements et les méditait dans son cœur. » Face à cette grande nouvelle, à cette nouvelle incommensurable, saint Luc nous rappelle qu’il y eut deux dispositions, deux comportements, deux démarches : 
  • il y eut pour tout le monde l’étonnement
  • et seulement pour Marie la méditation de toutes ces paroles.

L’étonnement est une surprise causée par quelque chose d’extraordinaire ou d’inattendue. C’est ce que nous ressentons lorsque nous sommes soumis à quelque chose qui nous dépasse, une chose à laquelle nous ne nous attendions pas. L’étonnement est donc un état, un état qui passe ou qui au contraire nous permet d’aller plus loin. Et c’est cette deuxième attitude qui est celle de la Vierge. La Vierge n’a pas fait que s’étonner, elle a retenu ces paroles et les a méditées dans son cœur. 

Mais que veut dire méditer ? Méditer, c’est soumettre à une réflexion profonde ; dans le cas de la foi c’est faire un travail d’assimilation, de compréhension de ce que l’oreille a entendu, de ce que la mémoire a retenu. Mais pourquoi ? Dans le but de s’en imprégner. Marie médite donc ces paroles, elle cherche à les comprendre, elle cherche à s’imprégner de ces Paroles, c’est-à-dire de leur donner vie à l’intérieur d’elle-même. Marie a compris en méditant ces paroles des bergers : « aujourd’hui vous est né un Sauveur, (…) Il est le Messie, le Seigneur. », la grande faveur que le Père Tout-Puissant lui avait faite, celle d’être la mère de son Sauveur et notre Sauveur, la mère de son Messie et de notre Messie, la mère de son Dieu et de notre Dieu. Marie, là, a compris qu’elle est la Mère de Dieu. L’étonnement l’a poussé à la méditation et la méditation lui a donné de prendre conscience de la grâce que le Seigneur lui a accordé et de vivre par et de cette grâce.
Frères et sœur, lecteurs de Dimho, la liturgie de ce jour pose une question fondamentale à nous qui avons entendu la Bonne Nouvelle du salut. Allons-nous rester au stade de l’étonnement, de l’émerveillement passager comme ceux qui entendent la Parole de Dieu, sont heureux un moment et puis après plus rien ? Comme ceux qui décident de se convertir mais qui sont rattraper par le mensonge et la vie de débauche de ce monde ? Comme ceux qui commencent à croire au Seigneur Jésus-Christ et à son œuvre de salut et qui devant la souffrance, la maladie, l’adversité se tournent vers les puissances occultes et démoniaques et ésotérique ? Ou au contraire à l’image de la Vierge Marie, Mère du Sauveur, allons-nous méditer cette Bonne Nouvelle, la comprendre et l’intégrer à notre vie quelle soit spirituelle, familiale, professionnelle, paroissiale ou matérielle ?

Frères et sœurs, en cette année nouvelle, le Seigneur en nous donnant de contempler la figure de la Mère du Verbe nous invite à choisir de faire vivre la Parole en nous. Que la liturgie de ce jour nous y aide. Bonne heureuse et sainte année 2020.

Abbé Joseph Milafany, 
Prêtre du Diocèse d'Abidjan.