By S. - En marche à la suite de Christ

(Blog chrétien - le carnet d'un pèlerin)

dimanche 19 janvier 2020



2 ème Dimanche du Temps Ordinaire — Année A



Textes du jour : Is 49,3.5-6   Ps 39 (40),   / 1 Co 1,1-3/ Jn 1,29-34

Frères et Sœurs,

Je voudrais reprendre pour vous cette bénédiction, que saint Paul adresse aux corinthiens, que nous venons d’entendre dans la deuxième lecture :
A vous grâce et paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ. 

Après le temps de l’Avent et de Noël, nous entrons maintenant dans le temps ordinaire. Si l’Avent est le temps d’attente joyeuse et Noël le temps très joyeux de la naissance et de la manifestation, que pouvons-nous dire de ce temps dit ordinaire ? Le temps Ordinaire n’est pas un temps de seconde classe ou de classe inférieure dans le cycle liturgique, mais est celui qui nous est offert pour laisser descendre en nos cœurs tout ce dont les autres temps nous ont comblés. Cette descente dans nos cœurs doit pouvoir susciter en nous une attitude fondamentale, pour nous chrétiens, qui est le témoignage.

C’est justement ce à quoi nous invite l’Evangile de ce jour. Saint Jean, nous raconte l’attitude de Jean le Baptiste lorsqu’il vit Jésus venir vers lui. Saint Jean l’évangéliste nous dit de manière éloquente : « alors Jean le Baptiste rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : "Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint" . Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

Frères et Sœurs, nous sommes invités à rendre témoignage de Jésus et saint Jean-Baptiste nous montre les étapes qui constituent la véracité du témoignage.


  • Il y a d’abord l’écoute du message c’est pourquoi il dit : « celui qui m’a envoyé m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint ».

Un témoignage authentique commence par l’écoute attentionnée de la Parole de Dieu. C’est cette écoute attentionnée de la Parole de Dieu qui nous permettra de voir ou comprendre la réalisation ou l’accomplissement de cette Parole. C’est justement ce que Jean fait : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. »


  • Et enfin y a l’annonce ou la proclamation : « Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »


Le temps ordinaire, que nous vivons, nous demande de pouvoir rendre témoignage à Jésus. Concrètement, cela veut dire être à l’écoute de Jésus, expérimenter sa parole et sa présence et annoncer au monde entier les bienfaits de Dieu dans notre vie.

Ce cheminement nous invite à nous poser des questions légitimes :

  • Quel est mon rapport vis-à-vis de la Parole de Dieu ?
  • Suis-je à l’écoute de Dieu ?
  • Lis-je ma Bible pour comprendre ce que le Seigneur attend de Moi ?
  • Est-ce que je proclame à mes frères et sœurs et cela dans un esprit d’humilité ce que le Seigneur fait pour moi ?

Aussi, le témoignage de Jésus n’est pas seulement oral, mais il est, surtout, dans la conduite de tous les jours. Autrement dit, témoigner de Jésus ne se limite pas seulement à la parole, mais aussi et surtout se poursuit dans le vécu quotidien conforme à la Parole de Christ.
Etre un témoin de Jésus, c’est avoir une cohérence de vie en rapport véridique avec la foi proclamée.

Le témoignage ne s’inscrit pas dans la logique du faire ce que je dis, mais ne fait pas ce que je fais. Etre un témoin de Christ, c’est renoncer à une double vie : une vie de chrétien le jour et d’idolâtre la nuit. Une vie d’époux ou d’épouse chrétien aux yeux de tous et une vie cachée avec une seconde famille. C’est renoncer à être tous les matins à l’Eglise et être incapable dans sa vie professionnelle de s’inscrire contre la corruption, mais bien plus, d’inciter à la corruption.

Frères et Sœurs, témoigner de Jésus à travers l’annonce et la cohérence de vie, voilà ce à quoi nous interpellent les textes d’aujourd’hui et ce temps ordinaire que nous vivons maintenant. Que le Seigneur nous y aide.


Abbé Joseph Milafany, 

Prêtre du Diocèse d'Abidjan. 

dimanche 5 janvier 2020



Epiphanie du Seigneur — Année A
Dimanche 05 Janvier 2020


Textes du jour : Is 60, 1-6   Ps 71 (72), 1-2, 7-8, 10-11, 12-13  / Ep 3, 2-3a.5-6)   / Mt 2, 1-12

Une célèbre maxime de notre pays dit que : « celui qui a vu la panthère et celui qui ne l’a pas vu n’ont pas la même manière de courir ». Pris dans un sens chrétien, l’on pourrait affirmer que celui qui a vu le Christ et celui qui ne l’a pas vu n’ont pas la même manière de vivre.
La fête de l’épiphanie que nous vivons en ce jour est essentielle pour notre vie de chrétien. En effet, Le mot Epiphanie vient du grec épiphanéia : « apparition » ; de épiphainéin : « paraître ou briller sur ». La Solennité de l’Epiphanie célèbre la manifestation de Jésus comme Messie. 
Le magnifique texte poétique d’Isaie préfigure en quelque sorte l’épiphanie de Jésus. Il se situe vers 520 avant Jésus Christ, c’est-à-dire une vingtaine d’années après le retour de l’exil à Babylone. Il est une invitation à nous laisser guider, au milieu de nos obscurités, par la lumière du Christ, à ne pas demeurer dans les ténèbres du fatalisme et du désespoir. Ces paroles d’Isaïe, comme le dit le pape François, « nous appellent à nous lever, à sortir, à sortir de nos fermetures, sortir de nous-mêmes, et à reconnaître la splendeur de la lumière qui illumine nos existences ».
Les responsables de l’Eglise, les responsables d’un service d’Eglise ont vocation à se laisser éclairer par les paroles et la vie de Jésus, à se centrer sur Lui et non sur eux-mêmes : non pas « moi, je » sais tout, non pas « moi je » peux tout, non pas « moi j’ai » tout mais c’est Lui Jésus le Verbe, Lui la vraie Lumière, Lui la seule richesse, Lui qui nous offre tout son Amour.
Saint Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, nous rappelle que toutes les femmes et tous les hommes sont invités à entrer dans le mystère de la révélation et de l’incarnation. Ce n’est pas un secret jalousement gardé par Dieu. L’Evangile de Jésus, sa Bonne Nouvelle, s’adresse à l’univers entier. Pour ce faire, les membres de notre Eglise ont à témoigner de façon crédible, dans le quotidien de leur vie de la tendresse de notre Dieu.
Notre société nous habitue à venir vénérer, adorer voire idolâtrer les stars du sport, de la chanson, de la politique, ou les grands de ce monde. On nous habitue, à longueur de jour à aduler les puissants, les têtes couronnées, celles et ceux qui ont reçu la consécration médiatique. Il me plaît que les mages viennent adorer et combler de présents ce petit être fragile, couché dans une mangeoire, qu’est l’enfant Jésus.
Sachons reconnaître les signes que Dieu offre, comme l’étoile pour les mages. Reconnaissons cette lumière qui émane du visage de cet enfant né dans la simplicité d’une maison de périphérie de Bethléem entre une maman Marie et un papa Joseph pleins d’amour et de foi.
Trois sens me paraissent à relever pour notre vie chrétienne d’aujourd’hui.
Pour cela, repartons du récit évangélique. Sœurs et Frères en Jésus, dans l’évangile de Matthieu, nous n’avons que peu d’informations sur les Mages : qu’une étoile les a guidés vers Bethléem. Le pape François déclare : « ils ne se lassent pas d’affronter les difficultés de la recherche ». D’ailleurs, si Hérode les reçoit, c’est que ces personnages avaient une notoriété « internationale » certaine. On n’entre pas chez Hérode comme cela !
Le premier sens de l’épiphanie, c’est que, dès la naissance de son Fils, Dieu fait le premier pas vers chacun d’entre nous. Un pas de proximité, en appelant des bergers à venir adorer l’enfant Jésus. Un grand pas culturel, en appelant des scientifiques de l’époque à venir de loin, adorer aussi le même enfant Jésus. Chacun est ainsi rejoint par la Bonne Nouvelle. D’abord les pauvres, ensuite les savants. Que ce soit ceux qui gardent les troupeaux, attentifs aux nouvelles des environs, ou que ce soit ceux qui étudient le monde, qui cherchent à en décrypter le fonctionnement, attentifs aux phénomènes de la nature. L’appel du Seigneur est premier et destiné à tous. Ce qui est remarquable, c’est que les mages sont appelés à partir de ce qu’ils étudient, dans leur propre sujet de recherche. C’est précisément là que Dieu les rejoint, au point qu’ils se mettent en route.
Et voici précisément le deuxième sens de l’épiphanie : Dieu, présent en humanité dans l’enfant Jésus, peut être reconnu dans la foi quelle que soit notre condition, notre culture, notre éducation, nos diplômes, notre métier, nos passions, nos goûts. Regardez les mages : à partir de leur science, ils font un chemin qui se termine par un acte de foi, l’adoration devant l’enfant Jésus nouveau-né. Le chemin des mages a débuté par la rationalité, il se termine par la grâce, lorsque Dieu se fait reconnaître. Ainsi, c’est d’abord Dieu qui cherche chacun d’entre nous. Il fait toujours le premier pas vers nous, personnellement, avant même que nous fassions le premier pas vers lui. Ainsi, soyons davantage attentif aux signes que Dieu nous adresse pour nous rejoindre, parfois discrètement, au cœur de nos activités humaines dans la réalité de notre quotidien, non seulement à travers des événements et des rencontres, mais aussi à travers ce que nous sommes, et même à travers nos connaissances et nos expériences quotidiennes, comme pour les mages. Tout ce que nous sommes, tout ce que nous vivons et partageons, peut se révéler être chemin vers Dieu.
Nous sommes alors invités à ne pas nous limiter à l’accusé de réception de cet appel, mais à orienter nos pas à partir de l’appel, pour rejoindre le Seigneur dans cette même réalité quotidienne, comme les mages qui se déplacent jusque sur le lieu de la naissance de Jésus, et qui le reconnaissent à travers la symbolique de leurs présents : l’or signe de la royauté, l’encens signe du grand prêtre éternel qui nous relie à Dieu, la myrrhe utilisée pour embaumer les morts, signe de la mort aussi bien que signe de la victoire sur la décomposition des corps. Jésus-Christ connaîtra la mort, mais ressuscitera des morts. Roi de l’univers, grand prêtre et unique médiateur entre Dieu et les hommes.
Cela nous conduit au troisième sens de l’Épiphanie : le Christ universel est venu pour tous, afin qu’aucun ne soit perdu et ne reste dans l’obscurité. Comme nous l’écrit Saint Paul dans la seconde lecture, l’épitre aux Éphésiens, « ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile ». Toutes les nations : ce n’est pas seulement au sens politique, c’est aussi au sens culturel, donc universel. L’avènement du Christ-Jésus donne sens et salut à l’univers, à la vie, à nos propres vies, même si l’obscurité du mal, de la souffrance est encore présente autour de nous et en nous. Le livre d’Isaïe et le psaume que nous avons écoutés l’affirment : « Voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur » (épi : sur, phanos : se lève, se manifeste) ; « Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. Il aura souci du faible et du pauvre, dont il sauve la vie ». Le faible et le pauvre, c’est celui qui éprouve un manque, que ce soit matériel pour sa survie, que ce soit affectif ou même encore spirituel dans sa propre humanité.
« Celui qui a vu la panthère et celui qui ne l’a pas vu n’ont pas la même manière de courir ». Cette Épiphanie, nous la recevons là où nous sommes, tels que nous sommes. Nous en vivons et elle nous transforme pour nous diviniser progressivement. Que cette solennité de l’Épiphanie nourrisse notre foi, notre espérance et notre charité afin de poursuivre notre pèlerinage vers le Seigneur, au cœur de notre quotidien, comme les mages l’ont expérimenté. Lui le Vivant à Jamais pour les siècles des Siècles. Amen


Abbé Marc-André Barthélémy,
Prêtre de l'Archidiocèse d'Abidjan

mercredi 1 janvier 2020

Solennité de Sainte Marie Mère de Dieu 1/1/2020



Textes du jour : Nb 6,22-27 / Ps 66 / Ga 4,4-7 /
Lc 2,16-21

Frères et sœurs en Christ, lecteurs de Dimho, nous méditions en ce premier jour de l’an, sur le mystère de la maternité divine de la Vierge Marie et la liturgie nous invite à méditer l’Évangile de Luc : précisément au deuxième chapitre les versets 16 à 21. Qu’y passe-t-il ? 

Des Bergers, sur instructions de l’ange, arrivèrent à Bethléem, découvrirent « Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans une mangeoire. (et) Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait annoncé au sujet de cet enfant. ». Ils racontaient ce que l’Ange qui leur annonça la naissance de Jésus avait dit : « je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. » Frères et sœurs, les Bergers, cette nuit-là, dans une insignifiante étable de Bethléem ont annoncé à tous ceux qui étaient présents que celui qui est couché dans la mangeoire est le Messie, le Seigneur.

Après cette annonce déconcertante, l’Évangile que nous venons d’entendre, nous met en face de deux attitudes : « tout le monde s’étonnait de ce qu’ils racontaient. Marie, cependant, retenait tous ces évènements et les méditait dans son cœur. » Face à cette grande nouvelle, à cette nouvelle incommensurable, saint Luc nous rappelle qu’il y eut deux dispositions, deux comportements, deux démarches : 
  • il y eut pour tout le monde l’étonnement
  • et seulement pour Marie la méditation de toutes ces paroles.

L’étonnement est une surprise causée par quelque chose d’extraordinaire ou d’inattendue. C’est ce que nous ressentons lorsque nous sommes soumis à quelque chose qui nous dépasse, une chose à laquelle nous ne nous attendions pas. L’étonnement est donc un état, un état qui passe ou qui au contraire nous permet d’aller plus loin. Et c’est cette deuxième attitude qui est celle de la Vierge. La Vierge n’a pas fait que s’étonner, elle a retenu ces paroles et les a méditées dans son cœur. 

Mais que veut dire méditer ? Méditer, c’est soumettre à une réflexion profonde ; dans le cas de la foi c’est faire un travail d’assimilation, de compréhension de ce que l’oreille a entendu, de ce que la mémoire a retenu. Mais pourquoi ? Dans le but de s’en imprégner. Marie médite donc ces paroles, elle cherche à les comprendre, elle cherche à s’imprégner de ces Paroles, c’est-à-dire de leur donner vie à l’intérieur d’elle-même. Marie a compris en méditant ces paroles des bergers : « aujourd’hui vous est né un Sauveur, (…) Il est le Messie, le Seigneur. », la grande faveur que le Père Tout-Puissant lui avait faite, celle d’être la mère de son Sauveur et notre Sauveur, la mère de son Messie et de notre Messie, la mère de son Dieu et de notre Dieu. Marie, là, a compris qu’elle est la Mère de Dieu. L’étonnement l’a poussé à la méditation et la méditation lui a donné de prendre conscience de la grâce que le Seigneur lui a accordé et de vivre par et de cette grâce.
Frères et sœur, lecteurs de Dimho, la liturgie de ce jour pose une question fondamentale à nous qui avons entendu la Bonne Nouvelle du salut. Allons-nous rester au stade de l’étonnement, de l’émerveillement passager comme ceux qui entendent la Parole de Dieu, sont heureux un moment et puis après plus rien ? Comme ceux qui décident de se convertir mais qui sont rattraper par le mensonge et la vie de débauche de ce monde ? Comme ceux qui commencent à croire au Seigneur Jésus-Christ et à son œuvre de salut et qui devant la souffrance, la maladie, l’adversité se tournent vers les puissances occultes et démoniaques et ésotérique ? Ou au contraire à l’image de la Vierge Marie, Mère du Sauveur, allons-nous méditer cette Bonne Nouvelle, la comprendre et l’intégrer à notre vie quelle soit spirituelle, familiale, professionnelle, paroissiale ou matérielle ?

Frères et sœurs, en cette année nouvelle, le Seigneur en nous donnant de contempler la figure de la Mère du Verbe nous invite à choisir de faire vivre la Parole en nous. Que la liturgie de ce jour nous y aide. Bonne heureuse et sainte année 2020.

Abbé Joseph Milafany, 
Prêtre du Diocèse d'Abidjan. 

dimanche 29 décembre 2019


Fête de la Sainte Famille — Année A
Dimanche 29 Décembre 2019



Textes du jour : Si 3, 2-6.12-14 Ps 127 (128), 1-2, 3, 4-5   / Col 3, 12-21  / Mt 2, 13-15.19-23


Frères et sœurs,

A l'heure où la famille tend à se désunir, devient monoparentale, éclatée, recomposée et où la sacrement de mariage perd de plus en plus son sens, l'Eglise nous invite à redécouvrir la vocation et la mission de la famille dans toutes les dimensions humaines et spirituelles à travers la célébration, en ce jour, de la fête de la Sainte Famille de Nazareth.

En effet, la famille est le lieu d'unité voulue par Dieu, une communion de personnes dans laquelle chaque membre remplit le rôle qui lui est propre à l'instar de la Sainte Trinité.
Dans la trinité sainte, c'est le Père qui engendre, il est le créateur du ciel et de la terre. Le Fils, lui, est engendré; son rôle est d'accomplir la volonté du Père. Le travail de l'Esprit Saint est de nous régénérer, de nous donner une vie nouvelle dans le Christ.

Ainsi, comme nous le montre l'Evangile de ce jour, c'est Joseph qui reçoit la volonté de Dieu par l'ange et la réalise. En vrai chef de famille, il est bien conscient que les personnes qui lui sont confiées, ne lui appartiennent pas. Jésus et Marie appartiennent à Dieu, mais ils lui sont confiés pour qu'il prenne soin d'eux, les protège et les garde. Il remplit cette tâche avec un amour fidèle, confiant totalement et uniquement en Dieu, et sacrifiant ses propres aspirations personnelles légitimes.
Quant à Marie, elle est une mère silencieuse et toujours attentive, vigilante et bienveillante. L'expression "l'enfant et sa mère" qui apparaît quatre (04) fois dans l'évangile, nous dit que Marie a toujours été auprès de Jésus.
Le rôle qui est assigné au petit Jésus sera d'honorer son père et de glorifier sa mère.

Frères et sœurs, cette fête de la Sainte Famille nous enseigne donc, que nous avons dans la famille tous des devoirs.
Le devoir du père est d'être le protecteur de la famille et d'aimer sa femme, tout en se refusant d'être désagréable avec elle. Celui de la mère, est d'être une aide, un support sur lequel l'homme puisse s'appuyer pour garantir l'épanouissement de la cellule familiale. C'est sans doute ce qu'a voulu suggérer saint Paul en affirmant:
Vous les femmes, soyez soumises à votre maris
 Se soumettre signifie, tenir compte de la volonté du conjoint, de son opinion et de sa sensibilité; c'est savoir parfois renoncer à son opinion. C'est se souvenir en somme que l'on est devenu "conjoints" c'est-à-dire des personnes qui sont sous le même joug, accueilli en toute liberté.
C'est pourquoi la mission des parents est de transmettre leur amour à leurs enfants afin qu'ils le transmettent à leur tour et ainsi de suite.

En ce qui concerne les enfants, le sage Ben Sira, dans la première lecture dit ceci:
Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie. Même si son esprit l'abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force

Voilà le chantier sur lequel le Seigneur nous attend.
Pour y arriver, la famille de Nazareth devra être notre modèle car elle est sainte. Parce que pour mener à bien sa mission, tous ses membres ont en commun le désir d'être fidèle à Dieu, de vivre sa parole, de rechercher sa volonté et de la mettre en pratique.

Demandons donc à la team Jésus, Marie, Joseph d'aider les familles chrétiennes, voire toutes les familles, dans la fidélité à leur devoirs quotidiens, à supporter les angoisses et les tribulations de la vie, dans la généreuse ouverture aux besoins des autres et dans la joyeuse réalisation du dessein de Dieu envers elles.


Abbé Paul Romaric MANI ,
Prêtre de l'Archidiocèse d'Abidjan  

mardi 10 décembre 2019


Bonjour très chers lecteurs d'ici (Abidjan, Côte d'Ivoire) et d'ailleurs, cet article est un "hors-série" qui partage un enseignement du temps de l'Avent portant sur un thème bien précis :
Pour vivre en communion, faites aux autres, ce que vous voulez qu'ils fassent pour vous - Cf. Mt 7,12 
C'est un enseignement qui est ouvert à tous sans distinction de race, ni de culture, ni de localisation, bien que s'inscrivant dans une circonscription précise.

******


Depuis le Samedi 12 Octobre 2019, fut officiellement ouverte la nouvelle année pastorale dans le diocèse d'Abidjan. Et à cette occasion fut dévoilée le thème de cette nouvelle année pastorale que nous citons :
POUR VIVRE EN COMMUNION, FAITES AUX AUTRES CE QUE VOUS VOULEZ QU’ILS FASSENT POUR VOUS
Ce thème tel que formulé paraît simple, cependant il est d'une grande profondeur. Et, nous devons nous plonger dans cette profondeur pour puiser nos repères pour réussir notre marche pastorale. 
Pour y arriver, il nous faut nous poser certaines questions:

  • Que signifie ce thème ?
  • Comment le comprendre ?
  • Comment le pratiquer concrètement ? 
Dans sa syntaxe, le thème pourrait être scindé en deux parties:

  • La première qui rejoint dans l’Évangile un extrait de la prière sacerdotale du Christ en Jean 17, 21, est introduite à dessein par une préposition : « Pour vivre en communion… ». 
  • La seconde « …Faites aux autres, ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous »
Ces deux parties ainsi exposées articuleront notre enseignement. Mais avant, parlons un peu du temps de l’Avent.

I- Le temps de l’avent 

Le temps de l'Avent est l'un des cinq temps de l'année liturgique (nous ferons un autre article beaucoup plus détaillé sur l'année liturgique).

Le temps de l’Avent compte quatre dimanches avant la Nativité (Naissance du Christ) et a deux objectifs principaux :
  1. tourner nos cœurs, nos prières vers le retour glorieux du Christ
  2. nous préparer à célébrer la naissance du Christ.

L’Eglise, au vue de ces deux objectifs a orienté toute la liturgie de ce temps. Ainsi,

  • du début de l’Avent jusqu’au 15 Décembre inclus, les textes liturgiques insistent sur les fins dernières, avec comme grande figure, nonobstant le Christ, celle prophète Isaïe ;
  • du 16 au 24 décembre au matin, nous entrerons peu à peu dans le mystère de la Nativité avec les textes afférents et qui aura pour figures de proue : Jean-Baptiste, Joseph et Marie.
Comme nous le savons, le temps de l’Avent est avant tout, un temps de préparation.
Un temps pour préparer notre rencontre avec le Christ, que cette rencontre soit ici bas dans notre cœur, ou plus lointain, avec le retour du Christ.

De cela, il  ressort une chose fondamentale, c’est que le temps de l’Avent n’a pas pour but premier de nous préparer de façon ponctuel à un événement annuel, mais il veut nous aider, nous conduire de manière plus profonde à la sainteté. La finalité première de ce grand temps de l’Eglise est donc de faire de nous des saints. Par exemple, dans la bulle de canonisation de saint Louis, le pape Boniface VIII montre comment ce précieux temps de l’Avent a aidé le saint roi dans sa marche vers la sainteté. Il y a donc un lien indubitable entre le temps de l’Avent et la vie de sainteté.

Puisque le thème de l’année veut conduire nos pas vers la sainteté et que le temps de l’Avent veut également nous rapprocher de cela, il convient de comprendre ce thème de l’année, de le mettre en pratique et de le vivre pour approcher de la sainteté.

II- « POUR VIVRE EN COMMUNION… »

Le thème tel qu'il nous est proposé, par notre Père Archevêque, nous montre d’abord l’objectif à atteindre et les moyens pour y parvenir (techniques marketing)
Remarquez avec moi qu’il n’aurait apparemment rien de changer si l’on formulait le thème en plaçant cette proposition à la fin de la phrase : « Ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous, faîtes-le aux autres pour vivre en communion », mais c’est à dessein. 
Il s’agissait de focaliser notre premier regard, celui de notre intelligence et de notre cœur sur l’objectif qu’est la communion: communion de cœur, communion d’action, communion d’amour et communion de pensée calquées sur la communion qui intimement unit le Père, le Fils et l’Esprit Saint

Cette communion qui est union et réunion s’avère être un défi dans une Église regroupant plusieurs groupes. 

Cette communion qui est union et brassage est un véritable défi dans un contexte de vive tension politique opposant des fervents catholiques qui partagent la même foi mais n’hésitent pas à brandir le glaive pour défendre leur cercle partisan ! 

Notre père Archevêque, devant la situation du pays qui fait peur nous invite à nous plonger dans la mystique union divine qui unit les personnes de la Trinité

    Le mot communion signifie un accord profond, « commune union » entre personnes. Ainsi, la communion va jusqu’à signifier une symbiose « de sens » entre baptisés mais aussi entre baptisés et les personnes de la Trinité Sainte. 
    Pour bien comprendre, prenons l’exemple de la préparation d’un gâteau. En effet, vivre en communion c’est un peu comme associer, malaxer et panacher les différents ingrédients qui servent à confectionner un gâteau. 
    D’un ingrédient à un autre, les mesures sont respectées et peu à peu la pâte prend forme et elle est mise au four.  A la cuisson, la bouche saura apprécier la délicate saveur des œufs, de la farine, du chocolat, du sucre, des noix de muscade et du beurre sans pouvoir les détacher distinctement. 
    C’est ainsi que notre communion est une unité qui n’altère point la particularité savoureuse des individualités. Aussi, cette image empruntée à la réalisation d’un gâteau nous démontre que la communion est d’une sévère exigence qui requiert délicatesse, mesure, attention, mais, aussi et surtout l’épreuve du four, celle des incompréhensions et des échafaudages, qui ne sont qu’un passage utile qui mettra à nu la solidité de notre communion. 
                
III- « FAITES AUX AUTRES CE QUE VOUS VOULEZ QU’ILS FASSENT POUR VOUS »

    Si la première partie de notre thème indiquait le but à atteindre en cette année, la seconde partie nous livre les moyens à employer pour tendre vers le but indiqué.  

    Pour vivre la communion notre père Archevêque, nous invite à respecter une règle d’or qui est inscrite dans la loi naturelle avant même d’être chrétienne : « faites aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous ». 
   
Cette règle d’or, l’Ancien Testament la connaissait sous une forme négative : « ne fais à personne ce que tu n’aimerais pas subir » (Tb 4, 45). 

    Le Nouveau Testament quant à lui l’appréhende sous une forme positive dans Mt 7, 12 et Lc 6, 31 : « Donc tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous faites- le aussi pour eux ». 
    Le Christ, qui cite ce verset dans le cadre d’un enseignement sur l’amour des ennemis, nous indique que la manière pratique d’aimer son prochain est de voir en lui un autre moi. 
    Frères et sœurs, nous devons être conscients que par le baptême nous sommes incorporés au Christ et que chaque baptisé est une partie de moi-même
    L’autre en étant un reflet de Dieu est un autre moi-même et le poids qui lui écorche les épaules ne devrait en aucun cas me laisser indifférent !  
    Nous sommes invités à convertir le regard que nous portons sur les autres et à les regarder avec les yeux d’amour que nous portons sur nos propres personnes. 
    Il s’agit pour nous concrètement en cette année de portée un regard de conscience sur chaque acte que nous posons en nous demandant : comment aurais-je voulu réagir si les rôles étaient inversés
    Très chers frères, nous sommes conviés à ôter de nos faces ces masques de froideur, de distance et d’indifférence qui enlaidissent les relations que nous entretenons avec les autres. 


Et pour terminer, nous vous laissons neuf (09) caractéristiques essentielles à une communion fraternelle saine. 

1. Faire part de ses vrais sentiments (Authenticité)

« Renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain; car nous sommes membres les uns des autres. » Éphésiens 4.25

2. S’encourager réciproquement (Mutualité)

« C’est pourquoi encouragez-vous les uns les autres et aidez-vous mutuellement à grandir dans la foi, comme vous le faites déjà. » 1 Thessaloniciens 5.11

3. Se soutenir les uns les autres (Sympathie)

« Ayez de l’affection les uns pour les autres comme des frères qui s’aiment; mettez du zèle à vous respecter les uns les autres. » Romains 12.10

4. Se pardonner (Miséricorde)

« Supportez-vous les uns les autres, et si l’un de vous a quelque chose à reprocher à un autre, pardonnez-vous mutuellement; le Seigneur vous a pardonné : vous aussi, pardonnez-vous de la même manière. » Colossiens 3.13

5. Se dire la vérité avec amour (Franchise)

« Celui qui répond franchement donne une preuve de son amitié » Proverbes 24.2

« Frères, si un homme vient à être surpris en faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. » Galates 6. 1-2

6. Admettre ses faiblesses (Humilité)

« Vivez en bon accord les uns avec les autres. N’ayez pas la folie des grandeurs, mais acceptez des tâches modestes. Ne vous prenez pas pour des sages. » Romains 12.16

« Ne faites donc rien par esprit de rivalité, ou par un vain désir de vous mettre en avant; au contraire, par humilité, considérez les autres comme plus importants que vous-mêmes; et que chacun regarde, non ses propres qualités, mais celle des autres. » Philippiens 2. 3-4

7. Respecter les différences (Courtoisie)

« Que chacun de nous recherche la satisfaction de son prochain pour le bien de celui-ci, en vue de l’aider à grandir dans la foi. » Romains 15.2

« Qu’ils soient conciliants, courtois, et qu’ils fassent preuve d’une parfaite amabilité envers tous les hommes. » Tite 3.2

8. Ne pas faire de ragots (Confidentialité)

« Le fourbe sème la discorde, et le rapporteur sème la brouille entre des amis. »Proverbes 16.28

9. Donner priorité au groupe (Régularité)

« N’abandonnons pas nos assemblées comme certains ont pris l’habitude de le faire. Au contraire, encourageons-nous les uns les autres. » Hébreux 10.25

Bon temps de l'Avent à vous chers lecteurs !


Extrait de l'enseignement du 1er Dimanche de l'Avent
De l' Abbé Awoh Jean-Chris, Prêtre du Diocèse d'Abidjan
Dimanche 1er Décembre 2019